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AÏN EL-HAMMAM - Pour un environnement sain et beau

Des villageois mobilisés

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Animés d’un grand désir de participer au concours Rabah Aïssat du village le plus propre, une dizaine de hameaux de la commune d’Aïn El-Hammam se disent «freinés» dans leur projet par «le manque flagrant de moyens financiers».

Pour prétendre à concourir avec «les plus nantis», il faut se préparer pendant plusieurs années, soutiennent-ils. Un président de comité de village de l’aârch N’Ath Manguellet explique ce qui les empêche d’envisager une participation pour le moment : «Cela nécessite beaucoup d’argent, alors que nous arrivons tout juste à faire face aux besoins les plus élémentaires.

Les conditions de participation sont difficiles à satisfaire pour un village comme le nôtre». L’énumération des endroits visités par la commission d’évaluation le laisse pantois : «Le nettoyage des ruelles, les cimetières, les points d’eau, thajmaât et tant d’autres lieux publics peuvent engloutir des centaines de millions, sans compter toutes les décorations nécessaires à la mise en beauté du village», estime-t-il.

«Comparées à nos besoins, les aides de l’APC dans le cadre des PCD représentent une aiguille dans une botte de foin», disent les responsables, dont les ambitieux programmes nécessitent bien plus que «les quelques miettes que la wilaya alloue à la mairie». Pour réaliser ne serait-ce qu’un mur de soutènement, il faut cumuler des aides de plusieurs années, alors que d’autres projets attendent leur réalisation depuis longtemps.

Ce qui ne veut nullement dire que leur cadre de vie est voué aux herbes folles et aux ordures. Au contraire. Grâce aux cotisations des villageois, aux dons de bienfaiteurs et surtout au volontariat, les habitants arrivent tant bien que mal à garder un visage plutôt accueillant de leurs bourgades.

En effet, malgré les carences, les hameaux sont loin d’être sales comparativement à la situation qui y prévalait il y a une dizaine d’années. Même si les murs extérieurs ne sont pas peints ou ornés de tableaux, la plupart des patelins sont accueillants et propres, avec des décharges publiques éradiquées et une eau de fontaine limpide. De nombreux efforts sont consentis continuellement pour améliorer le cadre de vie des habitants.

«C’est ce qui importe pour nous», souligne un jeune homme actif dans une association de protection de l’environnement. Mieux encore, l’organisation, avec un règlement interne, inspiré de celui des anciens, est approuvée en assemblée générale dans le but d’«assurer la quiétude et le bien-être des habitants». L’on veille au respect d’autrui, en infligeant des amendes à ceux qui ne se conforment pas aux lois de la communauté.

Ainsi, ceux qui ne respectent pas les horaires de dépôt des ordures, sont verbalisés et sommés à payer des amendes, dont le montant est fixé au préalable. Une manière de renflouer la caisse communale. Toute infraction est sanctionnée. Mais «les responsables ne sont pas là seulement pour les amendes. Beaucoup de travaux d’intérêt général font partie de notre programme», dira un membre de comité de village.

D’aucuns estiment que les villages qui activent dans l’anonymat devraient être encouragés par la wilaya ou l’APW «pour tous les efforts qu’ils ne cessent de fournir pour se mettre au niveau de tous les villages qui se sont distingués au concours Aïssat Rabah». Sans aide extérieure, ils ne pourront pas réaliser les projets qui leur tiennent à cœur.

A. O. T.