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Boumerdès

Guennana affiche ses manques

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Les habitants du village Guennana, un hameau situé à mi-chemin entre Bordj Menaïel et Ouled Ameur, à vocation agricole, ne savent plus à qui s’adresser. En effet, ce village limitrophe d’El Ghicha, une autre bourgade oubliée de Bordj Menaïel, peine à connaître la quiétude, lui dont les habitants se considèrent comme étant des « laissés pour compte ». Dans ce sens, un jeune militant associatif, fait état de plusieurs carences. A titre d’exemple, en cette saison estivale, la région a manqué cruellement d’eau potable.

Et pourtant, Guennana n’est distant que d’une dizaine de kilomètres de la nouvelle station de dessalement de l’eau de mer de Cap Djinet. Pis encore, la canalisation passe à proximité pour pomper l’eau pour d’autres régions. Toujours de l’avis de ce jeune militant associatif, même les canalisations hydrauliques devant alimenter Alger et ses environs à partir du barrage de Taksebt ne sont pas passées loin. Malgré cela, le village n’est toujours pas raccordé au réseau d’alimentation en eau potable et d’assainissement. Pour étancher leur soif, les villageois achètent des citernes d’eau potable qui se vendent à 1 200 DA l’unité. Notre interlocuteur précise qu’il faut faire une semaine à l’avance sa demande pour pouvoir se les acquérir.

De ce fait, les camions citernes et les tracteurs agricoles ne cessent de sillonner le village, en ces jours de grandes chaleurs. Notre interlocuteur dénonce également l’absence des élus locaux. Ces derniers «n’ont pas songé à atténuer la souffrance des villageois et des petites bourses, qui ne peuvent dépenser 1 200 DA chaque semaine, uniquement pour assurer leurs besoins en eau, alors qu’ils auraient pu leur ramener des citernes d’eau ».

Il faut noter que la santé des villageois se trouve aussi « menacée par la prolifération des fosses septiques, faute d’absence de réseau d’assainissement, » signale-t-il encore. En effet, leur nombre a augmenté en raison des constructions qui poussent chaque année, un peu partout dans ce hameau. De même, les sources d’eau sont menacées par les eaux usées, car Guennana n’a pas bénéficié de programme de captage de sources d’eau potable, piloté par les services des forêts, ni même d’opérations de développement agricole. La route qui mène vers le village est tout aussi dans un état déliquescent. Elle est parsemée de nids de poule et de crevasses.

Cette situation a généré l’absence de moyens de transport où nombre de transporteurs ont carrément changé d’activité. «Nous sommes contraints de parcourir près de 2 km pour rejoindre la route principale et par la suite le chef-lieu communal, en prenant un bus en provenance d’Ouled Ameur, notamment», se plaint-on encore sur place. « Cette route du village n’a été aménagée qu’une seule fois depuis sa mise en service voilà plusieurs années, » fait-on remarquer.

En ce qui concerne les enfants du village, ils vont connaître le même calvaire enduré depuis plusieurs années, étant casés dans des classes en préfabriqué, implantées dans la localité depuis le séisme de 2003, lequel avait emporté l’unique école du village. Il est vrai qu’on parle d’un projet de réalisation d’une école primaire, mais personne n’a rien vu venir à ce jour. Les collégiens, eux, ne disposent pas de bus de ramassage scolaire. L’APC compte certes une dizaine de bus mais ils tombent en majorité souvent en panne, le parc roulant étant vétuste. Un vrais autre souci surtout que la demande en bus scolaires est importante. La commune compte une trentaine d’écoles primaires disséminées à travers plusieurs contrées et villages. Donc plus d’un demi millier d’élèves à transporter.

Youcef Z.