Accueil Kabylie Les 40 locaux commerciaux à l’abandon

Aït Yahia Moussa

Les 40 locaux commerciaux à l’abandon

91

Bien qu’ils aient été réceptionnés depuis plus de trois ans, les quarante locaux commerciaux, sis à la place du marché du chef-lieu communal, ne sont pas encore occupés par leurs attributaires. Cet énorme retard leur cause d’innombrables dégradations. En effet, en plus de plusieurs vitres qui sont volées en éclats, certaines portes sont défoncées. Quant aux sanitaires au niveau des étages, ils débordent d’ordures. C’est également devenu un lieu où se rencontrent les délinquants et les laissés-pour-compte, d’autant plus que cette municipalité ne dispose d’aucune structure sécuritaire.

D’ailleurs, combien de fois avons-nous rapporté sur ces mêmes colonnes que la Sûreté semi-urbaine achevée depuis plus de huit ans est à l’abandon. Cette situation ne laisse pas indifférents les bénéficiaires, qui diront dans ce sens : «Nous avons signé nos contrats en 2017. Depuis, nous attendons toujours les clés. Malheureusement, nous constatons que ces locaux se dégradent de jour en jour.» Et l’un d’eux de poursuivre : «J’avais déjà loué un local ailleurs. Quand j’ai signé le contrat, j’ai cru que cela n’allait pas tarder. Mais trois ans après, je me retrouve comme architecte SDF.»

Notre interlocuteur évoque, au passage, le réseau d’assainissement non encore réalisé. «La fosse creusée en contre bas des locaux et des logements sociaux est toujours ouverte. Combien faudra-t-il de temps pour la raccorder au réseau ?», s’interroge-t-il. Pourtant, ces locaux sont indispensables dans ce chef-lieu communal dépourvu de locaux privés. «Tout d’abord, le loyer est cher. Ensuite, il faut faire des pieds et des mains pour trouver un local.

Nous aurions aimé que les responsables accélèrent les procédures pour mettre à la disposition des jeunes ces locaux, afin de donner un essor commercial au chef-lieu communal, où l’on ne trouve pas certaines prestations de service», souligne un autre attributaire. Il est à signaler que sur les cent locaux accordés à la municipalité, seulement quarante ont été réalisés à cause du manque d’assiettes foncières dans cette commune. «Nous avions proposé un terrain appartenant au village. Au début, on a eu l’accord de principe pour la réalisation de quelques locaux dans notre village. Mais avec le temps, la proposition est tombée à l’eau.

D’ailleurs, si les responsables de la période située entre 2008 et 2012 avaient retenu les idées des présidents des Comités de village, les soixante locaux restants seraient réalisés du moins dans les grands villages de la commune, où il y a possibilité de trouver des assiettes foncières», explique un ancien membre du Comité du village Tadukli de Tafoughalt, l’un des plus importants villages de la commune. Cela étant, les attributaires de ces locaux interpellent les responsables concernés afin de prendre au sérieux leurs différentes requêtes et leur remettre les clés pour qu’ils puissent enfin lancer leurs activités.

Amar Ouramdane