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BOUDJIMA - En l’absence d’une décharge contrôlée

Plusieurs villages exclus de la collecte

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Plusieurs villages de la commune de Boudjima ont été exclus des opérations de collecte des déchets ménagers ces derniers mois.

Sans avertissements ni explications, les camions de la voirie qui sillonnaient les localités ont cessé leur activité. Selon les citoyens des villages Tala Taghla, Ivalithen et Ighzer Nekba, la collecte ne se fait plus et les déchets s’entassent hélas devant les maisons. «La collecte se fait uniquement sur la route principale, qui mène au chef-lieu de la commune. Les explications obtenues sont pour le moins ordinaires et valables pour toutes les communes de la wilaya de Tizi-Ouzou», précise un ouvrier de la voirie.

La rareté des CET explique, en partie, ce problème mais ne justifie pas pour autant la saleté dans laquelle sont laissés les villages. Depuis quelques mois, certains villageois, résignés, ont recouru à la solution la plus facile, qui est de brûler les déchets. Sans tri ni précaution, du plastique, du caoutchouc, du papier et autres sachets partent en fumée, provoquant parfois des nuages qui couvrent la commune. D’autres plus astucieux font le tri, en évitant de brûler les déchets organiques qu’ils jettent dans leurs champs. Leur décomposition est bénéfique pour les plantations diverses.

Aussi, ces jours-ci, beaucoup de villages souffrent de l’absence des camions de la voirie surtout que la période est propice à l’apparition de toutes sortes de maladies. Ce risque se trouve d’autant plus accentué par les canicules successives qui ponctuent l’été. Certains villageois, en plus des risques de maladies, évoquent aussi d’autres risques. En effet, les amas de déchets sont un facteur non négligeable dans les départs de feu, lesquels deviennent dans beaucoup de cas des incendies très difficiles à maîtriser.

Ce danger qui guette les localités de la commune de Boudjima à l’instar de toutes les communes est amplifié par l’absence de désherbage des voies publiques et des abords des routes. Les herbes sauvages sont même parvenues jusqu’aux portes des maisons. Par ailleurs, il est à signaler que la commune de Boudjima ne dispose plus d’une décharge contrôlée depuis que les habitants de Yaffajen se sont opposés à celle implantée à proximité de leur village. Ces derniers se sont plaints à plusieurs reprises des effets nocifs des déchets incendiés sur place. Il est même arrivé que des inconnus ramènent, de nuit, des bêtes mortes pour les jeter dans cette décharge.

Peu à peu, la situation est devenue insupportable. A cet effet, les villageois ont initié des actions qui ont contraint la mairie à fermer cette décharge.
Akli N.