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Souk El Tenine Doté d’un comité qui veille sur tout

Agouni Boufal, un village à l’organisation parfaite

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Le village d’Agouni Boufal de la commune de Souk El Tenine compte aujourd’hui plus de 3 000 âmes. Dans notre virée à travers les ruelles du village, nous avons à juste titre constaté que les jeunes sont pratiquement livrés à eux-mêmes.

Heureusement que le comité de village tient encore bien les rennes. Le respect des lois qui régissent les villageois est une règle d’or. Ce village qui a souffert pendant la révolution de 1954 et pendant la décennie noire, veut à tout prix sortir la tête de l’eau. «Par ici, c’est le désert. Nous n’avons ni stade, ni foyer de jeunes et encore moins de cybercafé car la téléphonie fixe n’est pas encore arrivée chez nous. Nous n’avons pas d’antenne de mairie et pas de bureau de poste. Pour faire du sport ou se connecter à Internet, pour effectuer la moindre opération postale ou le moindre papier de l’état civil, il faut évidemment se rendre au chef-lieu communal distant de près de 3 km. Les responsables concernés sont invités à regarder du côté de notre village, car nous avons toujours répondu présent quant on a besoin de nous», dira Samir, un jeune du village. Signalons qu’Agouni Boufal a, en effet, honoré la localité de Maâtkas en participant à l’organisation de la fête nationale de la poterie et à l’organisation des galas à l’occasion des festivals de la poterie. L’association culturelle Uzzal du village a, faut-il le rappeler, été à la hauteur. A Agouni Boufal, les ruelles sont dallées et revêtues, le réseau d’assainissement existe dans la majorité des cas, l’électricité disponible pour la plupart des foyers et le réseau AEP a été refait en PEHD, quant à l’eau, elle est disponible en hiver et rationnée en été cependant, les manques y sont nombreux. A commencer par l’absence d’espaces juvéniles. L’association Uzzal active dans la djemaâ du village, ce qui entrave son action, l’empêchant de former à longueur d’année les jeunes du village et d’organiser plus d’activités. Quant à l’absence de la téléphonie fixe et donc de l’Internet, la grande masse juvénile d’Agouni Boufal aimerait bien avoir cette importante commodité dans son hameau. Amrane, l’ancien président de l’association Uzzal nous disait avant de prendre son envole vers l’hexagone : «En 2012, nous continuons de ne pas disposer d’Internet chez nous. On nous a à un certain moment parlé de l’arrivée imminente de la fibre optique mais le projet est, parait-il, enterré. Nous travaillons et vivons dans des conditions à la limite du supportable. Un jeune homme qui n’a pas devant lui un foyer, une aire de jeux ou un cyber, ou pourra-t-il aller ? Pour réduire l’ampleur des maux sociaux et de la violence qui s’accentuent de plus en plus, les autorités sont sommées de doter les villages et les villes de telles lieux et de les renforcer en personnel éducateur et formateur, sinon le pire est à venir». Concernant le branchement au réseau de gaz, les villageois bloquent toujours ce projet qui alimentera toute la daïra de Maâtkas, car leur village avait été omis. Depuis, les autorités locales de Souk El Tenine ont fait des pieds et des mains pour faire revenir les villageois à de meilleurs sentiments, en vain. Le village est finalement inscrit et l’appel d’offres lancé par la société concernée, mais les villageois persistent et signent : «Pas de gaz pour toute la daïra si les travaux de raccordement ne sont pas lancés dans notre village», dira un membre du comité de village. Rappelons que la conduite de transport qui alimentera toute la daïra de Maâtkas passera par ce village et c’est justement à ce niveau-là que les villageois empêchent l’entreprise de travailler.

Infrastructures juvéniles et gaz, les manques signalés

A Agouni Boufal, on ne dénombre qu’une école primaire. Les collégiens et les lycéens sont obligés de rejoindre le CEM nouveau et le CEM de Fekrane, au chef-lieu communal. L’APC assure le transport uniquement aux filles, quant aux garçons, ils n’ont d’autre choix que de compter sur le transport privé ou leurs jambes pour poursuivre leur scolarité. Signalons qu’un projet de lycée à Souk El Tenine est toujours en cours de réalisation, depuis plusieurs années. On nous dit cette fois que ce lycée sera opérationnel dès l’année prochaine. Ce qui à coup sûr arrangera les affaires des adolescents. Aïssa, un jeune lycéen, indiquera : «Depuis que j’étais au primaire, on parle de l’ouverture de ce lycée, hélas je suis en terminale et ce lycée n’est pas encore fonctionnel. C’est peut être nos enfants qui y seront scolarisés», ironisera-t-il. Concernant le secteur de la santé publique, le village dispose d’une unité de soins mais elle ne fournit que les soins les plus rudimentaires : Injections et changements de pansement. Les villageois sont sommés de se rabattre sur les médecins privés. La polyclinique sise au chef-lieu, elle non plus, n’est pas dotée de grands moyens. La radiologie ne fonctionne que de jour et le laboratoire des analyses médicales est conditionné par le fameux spectromètre qui tombe souvent en panne comme c’est le cas actuellement. Dans tous les cas, les citoyens de ce village ne sont pas satisfaits de l’état des lieux. Ils voudraient légitimement avoir une véritable unité de soins avec des consultations médicales, un foyer de jeunes, une aire de jeux et d’être raccordés au réseau du gaz naturel à l’instar de tous les villages de la municipalité.

Hocine T.