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Souk El Tenine Projet de réalisation d’une nouvelle conduite d’AEP

Le niet catégorique du comité de Tighilt Mahmoud

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Les autorités locales de la commune de Souk El Tenine ont prévu de réaliser une nouvelle conduite d’eau potable qui alimentera directement le château d’eau de Fekrane, sans passer par le château de Tighilt Mahmoud. L’objectif escompté nous dit-on à l’APC, est de « permettre une distribution équitable de cette denrée rare et précieuse à travers le territoire de toute la commune ». Rappelons que certains villages, comme Fekrane, Sidi Ali Moussa et d’Agouni Bouffal, ne sont pas correctement alimentés en eau potable. La distribution de ce liquide est sérieusement perturbée. Mais, pour le village de Tighilt Mahmoud, l’eau est disponible quotidiennement, et pour une répartition plus équitable, l’APC a donc retenu la réalisation de cette nouvelle conduite. Mais le comité de village et les citoyens de Tighilt Mahmoud refusent catégoriquement de donner leur bénédiction à cette nouvelle conduite. Ils ont d’ailleurs empêché l’entreprise de travailler. « Nous ne voulons pas replonger dans le cauchemar de la rareté de l’eau, que nous avons vécu pendant les années 1990. Actuellement, le débit pompé est de l’ordre de 192 litres/jour. Le problème doit être ailleurs. Il faut revoir la manière dont est gérée cette eau. Nous ne refusons pas le principe de distribuer cette denrée équitablement, mais nous appréhendons un mauvais coup qui privera notre village d’eau », dira un villageois. Pour sa part, le P/APC de Souk El Tenine nous apprendra : « Nous ne voulons pas léser ce village, bien au contraire, nous préconisons une distribution équitable au niveau communal. Nous tenons à rassurer les villageois que nous n’avons d’autres soucis que d’améliorer l’alimentation au niveau de tous les villages, y compris Tighilt Mahmoud. Il n’est pas juste qu’un village ait de l’eau au quotidien pendant que d’autres ont soif ». Dans tous les cas, le bras de fer perdure entre l’APC et le comité de Tighilt Mahmoud. Quant aux autres villages de la localité de Souk El Tenine, ils continuent de vivre au rythme du mauvais feuilleton de la rareté du liquide précieux. Signalons qu’à Maâtkas, et spécialement à Berkouka, l’eau brille par son indisponibilité pendant des jours. A Ait Abdelmoumène, le constat est identique, l’eau se fait très rare. Certains quartiers en sont privés depuis des semaines. Les comités de villages ont déjà saisi les autorités concernées au niveau de la wilaya. Ils sont prêts à aller plus loin et à interpeller le ministre des Ressources en eau, si le problème n’est pas régler dans les jours à venir, avant d’entamer des actions plus musclées. Signalons que l’état a dépensé des milliards de dinars pour juguler ce problème qui revient à chaque saison estivale. Mais sur le terrain, plusieurs localités commencent déjà à crier leur soif et leur raz le bol généralisé. C’est dire qu’il urge de trouver les mécanismes efficients en vue d’endiguer cette sécheresse qui caractérise les villages, après une saison hivernale pourtant bien arrosée. « Lors de la tempête de neige qui nous a martyrisés, on s’est dit, à tort finalement, que nous ne manquerons pas d’eau. Hélas, nous n’avons eu droit qu’au terrible froid de l’hiver. Quant à l’eau, elle s’en va ailleurs », déplorera un villageois d’Aït Abdelmoumène.

Hocine T.