Accueil Tizi Ouzou Le calvaire des retraités continue

Bousculades et anarchie pour l’agence de la BADR

Le calvaire des retraités continue

1966

A chaque période de virement des pensions de retraites, qui intervient entre le 18 et le 25 de chaque mois, les mêmes scènes reviennent. Des vieillards décharnés et à bout de force qui s’agglutinent devant la porte de l’agence BADR, en y jetant leurs dernières forces pour rester debout et résister aux affres climatiques. Des scènes qui font fendre les cœurs, même les plus insensibles, qui se rééditent chaque mois, été comme hiver, et qui ne fait réagir aucune autorité bien que cette succursale soit implantée au centre ville du chef lieu de daïra et que cet état de fait ait été déjà dénoncé dans ces même colonnes à plusieurs reprises. L’animation devant cette agence démarre à…04h du matin, quand commencent à arriver ces malheureux vieillards pour prendre un jeton. Ils viennent de partout, d’Aghbalou, Ath Mansour, El Adjiba ou Saharidj, pour ne citer que ces localités éloignées. Et cela sans même être surs d’avoir un ticket au premier jour. Et une fois le jeton retiré il faut attendre dans l’encoignure d’une porte, grelotant de froid durant des heures, en attendant que les premiers cafés ouvrent. Aâmi El Hocine, 82 ans, qui vient de Takerboust, affirme que c’est pour le 3ème jour consécutif qu’il pointe à 04h du matin, devant l’agence, sans pour autant parvenir à retirer sa pension, pour la simple raison que la totalité des jetons ont déjà été distribués. A partir de 10h, ces malheureux vieillards, des deux sexes, ne pouvant plus tenir debout après avoir fait le pied de grue durant plusieurs heures, s’affalent à même le sol sur les bordures des trottoirs ou des escaliers des alentours de l’agence. La plupart de ces personnes véhiculent des maladies chroniques, entre diabète, hypertension asthme notamment, d’autres arrivent soit dans des fauteuils roulants ou sur des béquilles, ce qui ne change rien à cette situation relatée. 

O. S.