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Aïn El Hammam elle devait relier la commune à Draâ El-Mizan

La voie rapide oubliée ?

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Habitués à des routes sinueuses et difficilement carrossables, peu d’automobilistes de la région de Aïn El Hammam ont crû à l’aboutissement des projets de réalisation des routes devant désenclaver toute la région montagneuse dont les habitants souffrent de l’isolement, justement à cause de ses voies d’accès. En discussion, depuis plus de deux ans, sans qu’un début de travaux ne vienne voir le jour, les futures routes semblent reportées aux calendes grecques. Ce qui semble donner raison aux nombreux sceptiques qui jugent l’opération d’ «utopique» alors que pour d’autres, elle serait «peu probable». Annoncée par des responsables locaux, puis confirmée par le chef du gouvernement lors de sa visite à Tizi Ouzou il y a deux ans, la construction d’une route de type «voie rapide» devant relier Aïn El Hammam à Draâ El-Mizan ne serait, semble-t-il, plus à l’ordre du jour. La conjoncture actuelle, née de la chute du prix du pétrole, a fini par inquiéter la population, qui se demande si les responsables, à un haut niveau, n’auraient pas décidé de surseoir à ce projet qui demanderait un budget important. Pourtant, l’importance d’une telle voie n’est plus à démontrer vu qu’elle serait un poumon pour plusieurs daïras de la Kabylie qu’elle serait amenée à traverser. Le désenclavement de centaines de villages, relevant de Aïn El Hammam, d’Iferhounène, d’Ath Ouacif, d’Iwadhiyen ou de Boghni, apporterait un nouveau souffle aux habitants. Ils pourraient, grâce à la pénétrante de Draâ El-Mizan, rejoindre l’autoroute Est-Ouest en quelques dizaines de minutes seulement, alors qu’actuellement, il leur en faut plusieurs heures. Pourtant, comme nous l’apprennent nos sources, l’étude du projet «est terminée depuis plusieurs mois». Moins important, l’évitement de la ville de Aïn El Hammam devrait être sacrifié lui aussi, sur l’autel de l’austérité. Attendu depuis longtemps pour désengorger le chef-lieu qui n’arrive plus à absorber les centaines de véhicules qui y pénètrent quotidiennement, la déviation, maintes fois évoquée par les responsables depuis plusieurs années, doit attendre de meilleurs jours. «C’est au moment où on espérait un peu de développement de la région via ces routes que les prix du pétrole se sont mis à baisser. C’est vraiment un manque de chance», lance Hamid, un quinquagénaire un peu fataliste.

A.O.T.