Accueil Tizi Ouzou Misère et marasme social

Maâtkas D’innombrables familles vivent dans l’extrême pauvreté

Misère et marasme social

2386

La commune de Maâtkas est une région rongée par la pauvreté. Des milliers de jeunes, en age de travailler, sont livrés au chômage. Plusieurs d’entre eux sont pourtant diplômés, mais comme aucune entreprise, digne de ce nom, n’est disponible dans la région, le désoeuvrement y est donc imposé. Décrocher un emploi respectable et permanant est une chose relevant du miracle. Du coup, les jeunes, garçons et filles, en age de travailler, et même les plus âgés, se rabattent sur des emplois dans le cadre du filet social. Ils sont au moins 119 à travailler dans la formule IAIG, 28 dans le dispositif DAIS, 387 bénéficiaires de l’AFS et 218 handicapés à 100%. Ils ne perçoivent respectivement que 3000, 5450 et 4000 DA mensuellement. Comment font-ils pour survivre avec ces quelques centaines de dinars ? Une question que nous avons posée à certains, d’entre eux, que nous avons rencontrés à Ighil Tekdhibin lors de l’inauguration de la cantine scolaire de l’école du même village. Sur les sept employés de cet établissement, six sont embauchés dans le cadre de l’IAIG et le seul titularisé parmi eux, ne perçoit qu’un salaire inférieur au SMIG. C’est comprendre que les choses sont aussi difficiles pour lui. La réponse que nous ont réservée ces femmes et ces hommes est révélatrice de la souffrance et de la misère sociale, criarde, qui ronge des milliers de familles à travers le territoire de la wilaya de Tizi-Ouzou. Les employés de l’IAIG, exerçant dans les cantines scolaires de toute la wilaya de Tizi-Ouzou et pas seulement à Maâtkas, malheureusement nombreux, n’hésitent pas à emporter, chez eux, les restes des maigres repas servis aux potaches pour les offrir à leurs progénitures. Une dame, exerçant dans un établissement que nous avons visité nous déclarera : « Je lave ces pois chiches, que les élèves n’ont pas mangé pour les donner au miens lors du dîner. Les pois chiches coûtent actuellement 160 DA le kilo et je ne gagne que 100 DA jour ! Je ne suis pas en mesure de les acheter ! ».

Hocine Taib