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Draâ El-Mizan

Cap sur la plantation de la pastèque et du melon

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Ces deux fruits réussissent beaucoup dans la vallée allant d’Aïn Zaouia, en passant par Draâ El-Mizan, jusqu’à Tizi-Gheniff. Il s’agit de la pastèque et du melon.

Certes, de grandes superficies sont consacrées aux cultures céréalières mais des maraîchers, ayant souvent beaucoup d’expérience dans cette filière, viennent louer des terres pour lancer la plantation de la pastèque et du melon.

«Si vous voyez aujourd’hui que les marchés et tous les espaces commerciaux sont inondés par ces deux fruits provenant soit du sud du pays soit de l’Ouest, cela ne va pas durer longtemps. Les prix sont abordables. Cela ne nous empêche pas de lancer notre pastèque et notre melon, au goût exceptionnel», nous dira un maraîcher venu de Bordj Menaïel pour louer quelques hectares du côté de Draâ El-Mizan. Cela ne veut pas dire que les maraîchers de la région ont abandonné cette activité.

«Chaque année, j’investis jusqu’à quatre hectares. Les premières récoltes sont excellentes. Nous craignons toujours les orages de la mi-août qui nous causent beaucoup de pertes», nous confiera un maraîcher de Draâ Sachem dans la vallée de Draâ El-Mizan.

En effet, juste après la fête de l’Aïd El Fitr, les campagnes de plantation ont été lancées. «C’est une période propice pour ce genre de travaux. Il ne fait pas encore chaud. C’est dire que nos travailleurs saisonniers vont avancer vite. La main d’œuvre nous revient trop cher», estimera un autre maraîcher. Il est à signaler que ces jeunes ouvriers sont généralement des collégiens et des lycéens payés au mètre carré. D’ailleurs, avant que le soleil ne se lève, ces petits travailleurs à la tâche sont déjà dans les champs, dos courbés, en train d’activer pour planter l’espace tracé par leur patron.

«Si je viens travailler ici, c’est tout juste pour avoir de l’argent de poche et espérer passer quelques jours au bord de la mer», soulignera, timidement, un jeune garçon à peine âgé de 15 ans.

De leur côté, les maraîchers espèrent réussir la saison grâce, notamment, aux atouts dont dispose la région, à savoir les barrages d’eau et les retenues d’eau pleines jusqu’aux digues. «Le problème n’est pas l’eau mais ce sont les autres moyens qui nous reviennent cher. Imaginez que pour irriguer mon champ à partir du barrage, il me faut au moins 3 000 mètres linéaires de tuyauterie et au moins aussi deux motopompes. C’est un investissement supplémentaire», ajoutera un autre maraîcher.

Il est vrai que les ouvrages hydrauliques sont suffisants, mais il faut souligner que le réseau d’irrigation est entièrement détérioré. C’est d’ailleurs la préoccupation majeure des agriculteurs de la région. «Dans les années 1970 jusqu’au milieu des années 1980, tout allait bien. Les réseaux étaient fonctionnels. Nous avions tous dans nos champs des vannes et des bouches d’irrigation. Mais, il n’en reste rien. C’est de la débrouille et de l’anarchie», constatera un ancien ouvrier de l’ex-domaine agricole Aïssat Idir.

Il est peut être urgent de revoir la manière de rentabiliser et d’exploiter comme il se doit toute cette richesse hydrique dont dispose la région, car l’avenir du pays est dans son agriculture afin de satisfaire ses besoins alimentaires et parvenir à une certaine autonomie.
A. O.