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Cours payants tous azimuts

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À peine les élèves, tous paliers confondus, eurent repris le chemin de l’école que les professeurs ont lancé leurs campagnes d’inscription aux cours payants. S’il est vrai que traditionnellement ces enseignants recourent à des affiches, mais ces derniers temps ils ont même envahi les réseaux sociaux. Cette pratique est institutionnalisée en dépit des mises en garde des différents ministres de l’Éducation nationale qui se sont succédé à la tête du ministère ces dernières années. «Donne cours de langue française à tous les niveaux du primaire au secondaire avec des mises à niveau.

Payez à l’avance», lit-on sur une affiche placardée sur une devanture d’un café au centre-ville. Comme cette affiche, il y en a beaucoup et partout. Il est à noter que désormais, le principe de l’égalité de chances n’est plus le même parce que nombreux sont les parents qui ne peuvent pas s’acquitter d’une telle charge supplémentaire, surtout lorsque la famille a plusieurs enfants scolarisés. Cependant, du côté des responsables de l’éducation, il n’y a pas un retour d’ascenseur. «En principe, les directeurs d’établissements devront prendre des décisions en rétablissant le système d’étude pratiqué dans les internats.

Il suffit de recruter quelques universitaires en chômage et leur confier des groupes d’élèves à encadrer après dix-sept heures dans les écoles, les CEM et les lycées. Car, il faut savoir que ce ne sont pas tous les parents qui ont les moyens de payer des cours à leurs enfants. Sinon, il faut au moins exiger de ces professeurs dispensant des cours à répondre à un cahier de charges», suggère un parent d’élève. À chaque rentrée scolaire, c’est le même problème qui se pose. Mais, à vrai dire, aucune réponse n’est venue soulager ces familles dont les bourses ne suffisent pas pour inscrire leurs enfants chez ces «donneurs» de cours à des prix jugés «excessifs».

Tout de même, en l’absence d’un engagement des responsables de l’éducation, les parents, du moins les plus nantis, répondent à l’exigence de l’heure. Parce qu’il, faut-il le souligner, dans les classes ordinaires notamment les plus chargées, les élèves n’arrivent pas à assimiler dans de bonnes conditions les contenus de leurs cours. «On est obligés de grever nos maigres budgets et faire des sacrifices pour l’avenir de nos enfants. Sinon, à la fin de l’année, on le regrettera. Et puis, il faut que je vous dise une chose, le Bac à 10/20 ne vaut plus rien. Pour réussir avec une bonne moyenne à cet examen, il ne faut pas lésiner sur les moyens», estime un parent d’élève.

S’il est vrai que ces cours sont fortement rémunérés, on constate qu’il n’y a pas de places, notamment chez les professeurs qui ont une certaine renommée. D’ailleurs, ils sont nombreux ces enseignants qui ne prennent que les élèves dont le niveau est jugé bon afin de ne pas être déçus à l’annonce des résultats de fin d’année. «Je fais une sélection dès le début. Si je remarque qu’un élève n’a pas le niveau requis, je ne le prends pas. Sinon, je perdrais beaucoup de temps avec lui en pénalisant les autres», confie un professeur de physique.

«Certaines matières ne sont pas soutenues telle la langue allemande. Je dois inscrire mes enfants dans une autre ville moyennant d’autres dépenses, notamment les frais de transport et de restauration», dira un parent d’élève à la recherche d’un professeur d’allemand. Cela étant, il est temps que l’État intervienne pour organiser ce créneau juteux qui échappe même au fisc, d’autant plus que ce sont des activités clandestines.

Amar Ouramdane