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DRAÂ EL-MIZAN - Alimentation en eau potable

Crise aiguë dans les villages

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Si depuis le transfert de l’eau du barrage Koudiet Acerdoune vers Draâ El-Mizan en 2013, la crise a été atténuée et l’alimentation en eau potable s’est nettement améliorée, certains villages vivent, actuellement, une crise aiguë en matière de distribution de ce liquide ô combien précieux.

« Ce n’est que le début de l’été et nos villages vivent déjà un grand problème », nous confiera, M. Brahim Baahmed, en sa qualité d’adjoint au maire. Il citera entre autres Maâmar, Sanana, Ichoukrène et bien d’autres villages. « Pour les trois villages que j’ai cités, certains n’ont pas reçu une goutte d’eau depuis plus d’un mois. Pourtant, lors de deux réunions tenues à la daïra en présence des représentants de l’ANBT et de l’ADE, ceux de l’ANBT ont déclaré que le pompage est le même que les années précédentes. Alors où va cette eau ? », s’interrogera notre interlocuteur.

Les abonnés de ces villages, parce qu’ils ont tous des compteurs, comptent suspendre le paiement de leurs factures.  » Ce n’est pas l’APC qui paie pour nous. Nous avons de tout temps réglé nos factures. Il faudrait que l’ADE prenne ses dispositions. Il n’y a pas d’eau, cet organisme gestionnaire de l’eau devra nous alimenter avec des camions citernes. Où irons-nous et comment ferons-nous pour avoir ce liquide précieux ? », s’interrogera un habitant d’Ichoukrène.

D’ailleurs, même les « vendeurs » d’eau par citerne sont rares parce que les forages creusés le long de l’oued qui longe la RN25 ont un débit insuffisant. « L’eau commence déjà à manquer », dira un propriétaire d’un tracteur-citerne. Et à M. Brahim Baahmed de dénoncer: « L’ADE ne fait rien. Cette agence est la seule responsable de la gestion de l’eau. Ce n’est pas à l’APC de gérer l’eau. Ces clients ont le droit de réclamer de l’eau parce qu’ils paient leurs factures de consommation. Ce n’est pas du social qu’on fait Est-ce que réellement un seul camion-citerne pourrait satisfaire plus de 6 000 habitants ? ».

En tout cas, dans les villages, ça bouillonne. D’ailleurs, selon notre interlocuteur, les villageois sont décidés à passer à des actions de rue. « Dans le cas où l’alimentation en eau potable ne deviendrait pas normale, nous serons contraints de fermer l’APC, le siège de la daïra et le service de l’ADE », nous confiera un citoyen de Sanana. Selon nos interlocuteurs, cette crise aiguë a fait son apparition au début du mois de Ramadhan dans certains quartiers. Un fonctionnaire au lycée Ali Mellah, occupant un logement de fonction, nous apprendra que l’eau arrivait dans les robinets au compte-gouttes.

« Durant tout le mois de Ramadhan, nous ne recevions que quelques litres pour vingt-quatre heures, voire plus. Les restrictions ont commencé bien avant l’arrivée des grandes chaleurs », précisera la même personne. En tout cas, l’été est encore long, les habitants devront prendre toutes leurs dispositions en stockant dans des citernes pourtant abandonnées ces derniers temps comme dans les années 80, des quantités qu’ils devront utiliser à chaque perturbation qui prend des journées comme c’est le cas pour ces villages qui souffrent de ce manque depuis plus d’un mois.
Amar Ouramdane