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DRAA EL-MIZAN - Peur sur le bidonville surplombant le chef-lieu

Des habitants en détresse

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«à chaque fois qu’un vent souffle ou que la pluie commence à tomber, nous craignons le pire».

C’est avec ces propos désolants que nous a accueillis, avant-hier, un quinquagénaire résidant au bidonville surplombant l’hôpital Krim Belkacem à Draâ El-Mizan.

Et d’ajouter: «On ne peut oublier les vents violents et les pluies torrentielles des jours précédents, et voilà que les services de la météo annoncent encore du mauvais temps, une série de perturbations et une baisse des températures».

Un petit groupe de jeunes nettoyait le fossé qui passe juste à côté de leurs maisons précaires. «Le problème n’est pas l’eau qui déborde mais c’est surtout les rafales de vent qui arrachent tout sur leur passage.

Lors de la dernière tempête, presque toutes les toitures ont été arrachées. Même les pompiers n’ont rien pu faire, surtout que notre quartier est situé sur un pic où il vente toujours», explique un jeune homme la trentaine passée.

Et un autre d’intervenir: «Comment voulez-vous que nous ne tentions pas l’aventure de partir de l’autre côté de la mer ? C’est invivable ici. On est à quatre dans une seule pièce ! Que nos responsables se mettent à notre place !

Pourquoi un projet de logements destiné à accueillir toutes ces familles est à l’abandon depuis des années ? Regardez, les logements sont juste en face. Or qu’ailleurs, on voit des milliers de familles rejoindre des logements neufs et décents.

Ne sommes-nous pas des Algériens comme les autres? En dépit de nos appels de détresse, nous n’avons eu que des promesses. C’est un laisser-aller pur et simple». Les résidents de ce bidonville ont eu leurs pré-affectations depuis plus d’une année. Ils sont toujours là à attendre que ces appartements leur soient livrés.

Chaque habitant raconte son histoire. «Si nous sommes ici, c’est parce que nous n’avons pas où aller. Vous n’avez qu’à passer dans toutes les habitations, c’est tout juste pour ne pas vivre dehors. Elles ne sont pas habitables. En été, c’est la géhenne car la température atteint les 50° sous les taules en zinc et en hiver la température baisse en dessous de zéro avec tous les dangers que nous encourons, d’autant plus que cette année la saison est rude.

Et ce n’est pas encore fini. Du côté des autorités, nous avons appris que toutes les décisions étaient prises lors d’une rencontre avec le chef de cabinet du wali, les responsables de l’OPGI et du logement.

«Les projets vont être relancés incessamment car le reste à réaliser a été pris en charge alors que les travaux de VRD ont été lancés», confie une source proche de ce projet. D’ailleurs, les autorités estiment qu’un quota de logements sera attribué dans les prochains jours.

Amar Ouramdane