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Aïn El Hammam

La chasse au filet fait des ravages

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Les défenseurs de la nature ne cessent de dénoncer le massacre des oiseaux, qui s’opère dans les forêts. Comme de coutume, en cette saison, les amateurs du petit gibier profitent de l’arrivée des oiseaux migrateurs pour s’offrir quelques grives. Cependant, si les anciens chasseurs se suffisent à tendre les pièges traditionnels qui ne capturent que quelques oiseaux par semaine, les nouveaux voient les choses autrement. Ils ne considèrent plus la traque des oiseaux comme un loisir auquel on s’adonne et rivalisent de stratagèmes pour ramasser le plus grand nombre.

Ainsi, ils abandonnent les traditionnels pièges métalliques, vendus dans le commerce ou ceux confectionnés avec du fil et un bout de bois, considérés peu efficaces, pour s’investir dans la chasse au filet d’une efficacité redoutable. A noter que le filet d’une cinquantaine de mètres carrés, parfois plus, répond parfaitement à leur sombre dessein, consistant à capturer tous les volatiles qui s’aventurent sur leur territoire. De ce fait, des dizaines d’oiseaux se font prendre dans les mailles de leurs filets.

Les grosses pièces, «une vingtaine parfois», a confié un chasseur, sont immédiatement égorgées et mises dans la gibecière. Quant aux petites, à l’image du rouge-gorge, elles sont retirées sans ménagement du filet et offertes en pâture aux chacals. Sans prendre conscience des dégâts que leur geste cause à l’environnement, ces chasseurs ne se donnent même pas la peine d’ôter leurs filets à la fin de la saison de chasse. Par ailleurs, un paysan du village Aït Sidi-Ahmed, qui a découvert dans son champ un filet tendu, l’année dernière, a affirmé: «Des dizaines de carcasses d’oiseaux, qui continuent d’être pris aux filets, jonchent le sol.» Et ce n’est que sur notre insistance qu’il l’a enlevé. Ne faudrait-il pas interdire la vente de ces pièges que les gens n’achètent que pour cette triste besogne ?

A. O. T.