Accueil Tizi Ouzou La cueillette des olives bat son plein

Aït Yahia Moussa

La cueillette des olives bat son plein

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Bien qu’elle accuse un peu de retard, dû essentiellement à la non-maturation des olives, la cueillette des olives a été lancée à Aït Yahia Moussa. «D’habitude, on commence au début du mois de novembre. Cette saison, ce n’est que vers la fin du même mois que certains ont osé entamer cette opération malgré le fait que dans les endroits frais, le fruit n’a pas encore mûri», a indiqué un oléiculteur de Tafoughalt, dont les oliviers se penchent sous le poids de leurs fruits.

Et de poursuivre : «Nous estimons que la récolte et la production seront prometteuses. Depuis des années, nous n’avons pas vu une saison pareille.» Profitant des belles journées de décembre, les ramasseurs d’olives sont mobilisés en famille. Personne ne reste à la maison. «Il faudra faire vite pour terminer la récolte, car on craint le retour du mauvais temps. C’est pourquoi, on est tous dans les champs d’oliviers», a poursuivi ce père de famille.

Il est à souligner que dans tous les villages de la commune, c’est le même décor qui s’offre aux yeux : bâches déployées sous les arbres, gaules en action… «Peu importe la manière de cueillir le fruit, certains secouent les branches, alors que d’autres les gaulent, mais c’est vraiment un plaisir de s’adonner à cette tâche ancestrale», a ajouté un habitant d’Iâllalen, qui a préféré prendre son congé dès le début du mois de décembre pour s’atteler à cette tâche.

De leur côté, les propriétaires des huileries traditionnelles et modernes n’ont pas attendu longtemps pour reprendre leurs activités. «On s’attend à l’une des meilleures saisons, alors que l’an dernier, nous n’avons même pas ouvert. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, nous avons un stock important. D’ailleurs, nous pensons travailler seize heures par jour pour satisfaire tout le monde. Le client est roi. Il ne faut pas oublier non plus qu’il y a un nombre important de nouvelles huileries. A cet effet, la concurrence s’annonce rude. Donc, il ne faut pas seulement mettre les moyens, il faut aussi fournir des prestations alléchantes», a confié le propriétaire d’une huilerie moderne, au centre d’Aït Yahia Moussa.

D’autres ont même pensé à relancer leurs huileries fermées depuis de longues années. C’est le cas d’une huilerie ancienne qui a rouvert à Tachtiouinen, car on entend ici et là que la trituration des olives par les broyeurs anciens donne une huile plus concentrée. En tout cas, tout le monde met les bouchées doubles, en vue d’attirer le plus grand nombre de clients. Quant aux prix, pour le moment, celui de l’huile de la nouvelle saison est fixé à 800 DA le litre, en attendant de baisser dans les prochains jours quand des quantités énormes d’olives seront triturées. Par ailleurs, il faut savoir que dans cette commune, des centaines d’oliviers ont été décimés, lors des incendies de juillet 2017, dont la régénération est en cours.

Dans ce sens, à Ilounissène, un village d’Iâllalen, une famille d’oléiculteurs a lancé la plantation de 1 000 jeunes oliviers sur plusieurs années. La première opération a concerné 100 arbustes et s’est déroulée à la mi-novembre. C’est dire qu’une grande importance a été donnée à la filière oléicole par les pouvoirs publics, lesquels ont aidé les agriculteurs qui souhaitaient replanter leurs champs ravagés par les flammes.

A. O.