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Ouaguenoun

Le barrage agricole rempli à 100%, mais…

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Vers la fin des années 60, la commune d’Ouaguenoun avait été dotée
d’un grand barrage destiné à l’irrigation. Après un hiver bien arrosé, cet ouvrage a atteint à présent un taux de remplissage de 100%. Une nouvelle qui ne réjouit, cependant, pas outre mesure les fellahs pour au moins deux bonnes raisons.

La première est relative au fait que le barrage en question est énormément envasé depuis des années. Durant les années 90, le déclin de l’activité agricole a fait que l’ouvrage en question soit totalement abandonné. Les aléas climatiques ont accéléré sa dégradation, en sus des agressions humaines.

Durant ces deux dernières années, le barrage a subi une pollution avancée de ses eaux. Aussi, petit à petit, des amas de terres charriés par des oueds ont conflué vers cet ouvrage. Plusieurs tentatives de nettoyer ce barrage ont échoué en raison des quantités monstres de vase et de boue. C’est pourquoi aujourd’hui, son remplissage ne réjouit pas plus que ça les agriculteurs, conscients de l’altération de la qualité des eaux.

Cela dit, même si son eau était propre à l’irrigation, le barrage, quand bien même il serait rempli, ne pourrait pas suffire pour l’irrigation des surfaces agricoles alentours, dont la majorité a été abandonnée par ses propriétaires. Devant la difficulté de s’investir dans ce créneau (maraîchage), les fellahs les plus tenaces ont fini par se reconvertir en éleveurs.

Mais beaucoup d’entre eux, comme Saïd, qui avait hérité ce métier de ses grands-parents, se disent malheureux d’avoir été contraints de changer d’activité. «J’ai toujours travaillé la terre depuis mon enfance. Puis peu à peu, j’ai vu les agriculteurs partir les uns après les autres.

Au bout de quelques années, il ne restait plus que mon père et quelques riverains à pratiquer l’agriculture maraîchère», raconte Saïd, avant de conclure que le changement d’activité s’était imposé comme une nécessité, le travail de le terre n’étant plus suffisant à nourrir sa famille.

Aujourd’hui, même si la daïra d’Ouaguenoun réalise quelques exploits en matière d’agriculture et en industrie agricole, comme la filière céréaliculture à Timizart et la production laitière à Imaloussen, dans la même commune, il n’en demeure que le défi de renouer avec sa vocation agropastorale est loin d’être relevé. Beaucoup d’agriculteurs, qui souhaitent un jour reprendre leurs activités agricoles autour du barrage de Djebla, n’attendent un signe des responsables du secteur.

Akli N.