Accueil Tizi Ouzou Le centre-ville se dégrade !

Le centre-ville se dégrade !

AÏN BESSEM - Routes cabossées, chantiers anarchiques...

104

Ramassage des ordures ménagères défaillant, chantiers de construction anarchiques, dégradation du réseau routier et coupures répétitives de l’alimentation en eau potable, c’est ce qui rythme le quotidien estival des citoyens de la ville d’Aïn Bessem.

Des phénomènes récurrents qui dégradent aussi le cadre de vie des citoyens dans les totalités et les quartiers de cette ville, durant cette période de vacances et de grandes chaleurs. Les citoyens nous ont assuré, que jamais dans l’histoire de cette ville, leur cadre de vie n’a été aussi dégradé et leur environnement directe menacé.

«La ville s’est transformée en une grande poubelle malheureusement ! Il est vrai que la responsabilités de cette situation est partagée entre les riverains et les autorités locales, mais nous avons tous remarqué que le service public ne se fait plus comme auparavant, comme c’est le cas notamment pour le ramassage des ordures ménagères qui ne se fait pas d’une manière régulière durant cette période, ce qui a engendré la constitution de véritables décharges sauvages à l’entrée de chaque quartier de notre ville. Le balayage des routes ne se fait pas également. Aussi le réseau routier du chef-lieu est très dégradé et la circulation est devenue très difficile. Des embouteillages sont enregistrés quotidiennement au centre-ville en raison de l’état lamentable du réseau routier, et nous attendons toujours les projets d’aménagement et de réhabilitation des routes promis par les responsables locales lors de leur élection», se lamente Samir, un jeune habitant du centre-ville.

Ce dernier se désole aussi de l’absence totale des lieux de détente et de loisirs : «Nous n’avons pas ou aller pour respirer de l’air pur durant cette période. Le jardin municipal est dégradé et souvent fermé, ou squatté par certains jeunes qui s’adonnent à la consommation de la drogue et on ne peut pas s’aventurer dans ce jardin avec nos familles et nos enfants. Aussi nos quartiers sont abandonnés par les services publics, et jamais ils n’ont été dotés de lieux de jeux ou de loisirs pour nos enfants, qui sont voués à eux-mêmes durant cette période de vacances scolaires. Les services de la mairie n’ont pas aussi entamé cette année les traditionnelles campagnes de désherbages, de démoustication et d’abattage des chiens errants, ce qui donne une image d’une ville sinistrée à Aïn-Bessem, jadis connue sous le nom de petite Paris».

D’autres citoyens nous ont aussi signalé l’anarchie qui prévaut dans certaines rues du centre-ville, à l’instar de la rue du marché couvert près du siège de la mairie et de la rue Zmala. D’après les plaignants, des commerçants de l’informel se sont accaparé tous les trottoirs et même d’une large partie des routes, bloquant ainsi la circulation des piétons et des automobilistes.

Pire encore, ces commerçants n’hésitent pas à abandonner leurs déchets près des immeubles quotidiennement, provoquant ainsi la création de nouvelles décharges sauvages : «Les commerçants du marché couvert ont carrément déserté leurs carrés à l’intérieur et se sont installés sur les trottoirs de la rue adjacente. La situation empire durant les fins de semaine, ou cette route est complètement bloquée par ces commerçants. Même scénario à Zmala, où les commerçants ont créé tout un marché au beau milieu de la rue. Cette situation est devenue étouffante et insupportable. C’est à se demander où sont passés les responsables locaux ?» se lamente un autre résident de cette ville.

À noter enfin que face à cette situation alarmante, les habitants de certains quartiers ont décidé de prendre les choses en main, en organisant chaque weekend des opérations de volontariat et de nettoyage. Vendredi dernier, les habitants du quartier de l’Ecotec ont entamé une grande opération de désherbage et d’entretien des espaces verts de leur quartier. Ces derniers ont émis d’ailleurs le souhait de voir les services municipaux s’impliquer dans ce genre d’opération périodique, notamment en fournissant les moyens nécessaires.
Oussama Khitouche