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Aït Yahia Moussa

Le chef-lieu envahi de nuées de moustiques

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Si on entend ici et là que les réseaux d’assainissement de la ville de Draâ El-Mizan sont raccordés à la station d’épuration, sur le terrain, c’est tout à fait le contraire.

En effet, la rivière longeant la RN 25 sur plus d’une quinzaine de kilomètres est entièrement polluée car des quantités énormes d’eaux usées y sont déversées. D’ailleurs, les odeurs nauséabondes qui s’y dégagent sont ressenties dès qu’on baisse les vitres du véhicule notamment avec la fraîcheur nocturne. Le chef-lieu de la commune d’Ait Yahia Moussa reçoit non seulement les eaux usées provenant de nombreux villages mais aussi de celles des habitations de ce centre urbain.

« Fort heureusement, notre petite ville n’a pas assez de logements, sinon, ce serait une catastrophe. Ici, juste au contrebas de nos maisons, il y a des marres d’eaux usées qui y stagnent depuis des années. On ne peut plus ouvrir nos fenêtres à cause des mauvaises odeurs et des nuées de moustiques qui nous empoisonnent nos nuits », nous déclare un habitant de ce chef-lieu communal.

Selon un ex-élu, le réseau d’assainissement de tout le chef-lieu est vétuste. « Cela fait des années que des fiches techniques ont été établies afin que le réseau d’assainissement soit éloigné au moins sur trois voire quatre kilomètres. Nous n’avons eu que des promesses », souligne un autre ex élu de l’exercice 2007-2012. Bien avant, se rappelle un riverain, un wali en visite dans la région a été interpellé par les citoyens à ce propos. Cela n’échappe à aucun passant au niveau de ce chef-lieu de se boucher le nez.

D’ailleurs, il faudra fermer les vitres en dépit de la canicule pour éviter de sentir toutes ces odeurs gênantes. « Les moustiques tombent même dans nos assiettes. Il n’y a pas eu de campagne de démoustication au niveau de notre ville depuis des années. C’est désolant », s’insurge un autre riverain. Il est à craindre que cette pollution n’atteigne les puits creusés aux abords de la RN25.

« Ecoutez, juste à la sortie du chef-lieu, il y a des puits utilisés par les consommateurs. Des dizaines de citernes sont remplies par jour. Cette eau est vendue dans tous les villages de la commune. Les maladies à transmission hydrique guettent des milliers de citoyens d’autant plus que nos villages vivent une crise aiguë d’eau en cette période estivale », signale un maraîcher qui a peur pour son verger. Et de poursuivre: « J’ai un forage et les analyses bactériologiques ont été toutes négatives mais avec le temps, je crains que ce puits ne soit infiltré et que mes potagers soient contaminés « .

Devant tous ces dangers aussi bien sur la santé du citoyen que sur l’environnement, il est attendu qu’une mini-station d’épuration ou à défaut des bassins de décantation soient réalisés dans cet oued parce que la situation est préoccupante d’une part, et d’autre part, car un réseau d’assainissement neuf urge sachant que l’actuel est obsolète.
Amar Ouramdane