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Tafoughalt

Le cimetière Sidi Boubkeur nettoyé

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Comme chaque année à cette période précise, les neuf djemaâs que compte ce grand village de la commune d’Ait Yahia Moussa, avec ses six mille habitants, s’organisent pour nettoyer le plus important cimetière, à savoir « Sidi Boubkeur ». En effet, celui-ci s’étend sur plus de trois hectares au centre du village. C’est pourquoi les Tafoughaltais craignent des départs du feu notamment durant ces journées caniculaires.

« Nous avons d’autres cimetières mais ils ne sont pas aussi grands. Sidi Boubkeur existe depuis des centaines d’années. D’ailleurs, aujourd’hui, pour enterrer un mort, il faudra beaucoup de temps et d’expérience pour y dénicher une place. Parfois, dès qu’on commence à creuser, on tombe sur une autre sépulture d’autant plus qu’avant, les tombes n’étaient pas construites comme aujourd’hui », nous explique un membre de la djemaâ d’Idemichène. « Notre partie a été nettoyée juste après l’Aid El Fitr. Nous n’avons pas attendu que les herbes folles qui ont envahi les lieux soient asséchées », ajoute-t-il.

Cependant, c’est vers la fin du mois de juillet que les autres djemaâs ont programmé leurs journées de volontariat. Toutefois, il nous a été donné de constater que certaines d’entre elles ont recouru à des travailleurs saisonniers. « Puisque nous ne sommes pas arrivés à nous entendre, nous avons alors décidé de payer quelques ouvriers qui ont nettoyé notre partie. Nous aurions aimé que tous les membres de notre djemaâ prennent part au volontariat. Cela a beaucoup plus de charme et d’ambiance. Je me rappelle qu’au milieu des années 80, c’est tout le village qui participait au grand volontariat. En une journée, tout est nettoyé. Ces derniers temps, nous avons remarqué que les anciennes traditions disparaissent l’une après l’autre. Il faudrait peut-être réunir tout le village en assemblée générale et mettre en place un plan d’actions commun. En plus de ce cimetière qui nous appartient à tous, nous souhaitons aussi que d’autres opérations de nettoyage soient organisées comme auparavant lorsque nos grands-parents nettoyaient ensemble tous les sentiers et chemins menant à nos champs et à nos sources d’eau juste à la fin du mois d’avril et au début du mois d’octobre. Ils étaient mieux organisés que nous », estime un membre de la djemaâ d’Iaâzavène.

Pour cet interlocuteur, même si leur djemaâ enterre ses morts au niveau du cimetière dit « Taqaravth », il n’en demeure pas moins que leur partie sise au cimetière Sidi Boubkeur est nettoyée comme toutes les autres. Il est à signaler que pratiquement en cette mi-août, tout le cimetière est désherbé et nettoyé comme il se doit. Il ne reste que l’incinération des détritus et des herbes sèches qui va intervenir après la fin de l’été.

« Je lance un appel aux présidents de toutes les djemaâs de se réunir et d’organiser une opération de nettoyage qui touchera la route principale qui traverse le village d’Ikharvène jusqu’à Tamda Ali sur une distance de trois kilomètres parce qu’en plus des canettes et bouteilles qui jonchent les abords de cette de route qui relie le village à la RN 25 vers Draâ El-Mizan et vers Ait Yahia Moussa , les accotements sont envahis par des herbes folles source de départs de feu « , propose un membre de la djemaâ d’Ath Abdellah.
Amar Ouramdane