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AÏN EL HAMMAM - Siège des contributions

Le personnel en grève

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Le siège des contributions arbitré, temporairement par le bureau d’Algérie Poste de Aïn El Hammam est fermé depuis mardi dernier.

En effet, logés à la même enseigne, les personnels des deux bureaux n’ont d’autres moyens d’attirer l’attention de leurs responsables que de recourir à la grève. Selon un employé, les conditions de travail qui leur sont imposées sont «insupportables».

Au manque de chauffage qui semble la raison essentielle de ce débrayage, s’ajoutent les mauvaises odeurs dont «on ignore la provenance», dira-t-on. Il est difficile de travailler dans ce bâtiment partagé par le service des impôts et celui d’Algérie Poste, les deux séparés par un hall glacial dédié au public. Les lieux lugubres, manquant également de lumière, ressemblent plus à une cave qu’à une structure étatique.

«La température y est constamment basse, ce qui se répercute sur la santé des employés régulièrement grippés», ajoute notre interlocuteur, précisant que les radiateurs du chauffage central, dont l’installation existe depuis longtemps, ne servent plus qu’au décor. «Il fait plus froid dans ce bâtiment qu’à l’extérieur, où au moins le soleil qui apparait par intermittence réchauffe l’atmosphère», affirme un autre employé.

Connaissant le froid qui sévit dans la région depuis plus d’un mois, les citoyens, bien que pénalisés par cette situation, se disent solidaires des grévistes. Devant le lourd portail d’entrée menant aux guichets des deux bureaux, aucune affiche d’information au public. Quelques usagers attendaient même une hypothétique ouverture.

Ce sont des gens de passage qui les informent des causes de cette fermeture. À la poste d’Aït Sidi Saïd où les deux employés présents redoublent d’efforts pour palier cette carence, le chauffage n’est pas, non plus, à l’ordre du jour. Les guichetiers grelottent de froid tout autant que les clients qui ne cessent de faire les cent pas pour se réchauffer un tant soit peu.

Comme pour mettre l’accent sur les disparités existant entre la ville et la campagne, un sexagénaire clame tout haut qu’ «on ne peut pas imaginer une poste à Tizi-Ouzou en grève pour absence de chauffage ou autre commodités». Le feuilleton ne semble pas près de s’estomper.

Quand deux services étatiques aussi importants que ceux des Impôts et de la Poste se mettent en grève simultanément, le citoyen a toutes les raisons de se demander si les responsables ne continuent pas d’ignorer les régions reculées où les problèmes rencontrés au sein des structures étatiques se répercutent sur la qualité du service.

A. O. T.