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AÏN ZAOUÏA - Cité des 95 logements sociaux

Les bénéficiaires dans l’expectative

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Les 95 attributaires de logements sociaux sont dans l’expectative. Et pour cause : la remise des clés de leurs logements se fait attendre depuis 5 ans. «C’est de la pure supercherie. Les listes sont affichées depuis 2014. Cela fait maintenant cinq ans que nous attendons nos clés. Ce sont toujours les mêmes réponses », nous déclare un bénéficiaire accosté devant l’APC. Un autre intervenant lui emboîte le pas: « Dernièrement, nous avons observé un rassemblement devant l’APC. Nous avons eu droit aux mêmes réponses ».

Et au premier interlocuteur de donner toutes les précisions: « Ce sont des paroles que nous entendons depuis des années. Les autorités parlent toujours de quarante logements achevés. Est-ce qu’on va reloger quarante familles et laisser les cinquante cinq autres en attente? Et pourtant, c’est la même liste. Il faut appeler un chat un chat et c’est tout. Ils ne doivent pas trouver des subterfuges qui ne tiennent pas la route ».

Selon nos interlocuteurs, les responsables locaux leur ont promis de reconvertir les 40 logements réalisés dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire en logements sociaux et d’accélérer les travaux au niveau de quarante autres et trouver un moyen de dégager le reste pour satisfaire toutes les familles.  » Cela a été déjà promis à chaque mouvement », signale une autre voix. Cependant, le problème est tout autre parce que le litige entre l’entreprise avec laquelle le projet est résilié et l’OPGI n’a pas encore trouvé son épilogue car l’entreprise refuse de payer le milliard de centimes de pénalités qui lui a été infligé. Les bénéficiaires ne savent plus quoi faire. « Allons-nous passer à une action de grande envergure? », s’interroge un autre bénéficiaire.

Au moment où ce programme patine, ces bénéficiaires continuent à louer des logements chez des tierces personnes à des prix forts ou encore à vivre dans la précarité. Dans cette commune, la dernière attribution de logements remonte à 2016, année où des familles d’Ikouvaâne, menacées par un gigantesque glissement de terrain en 2011, avaient été relogées. En tout cas, ces attributaires de logements sont décidés à aller jusqu’à satisfaction de leur revendication. « Nous avons accepté les propositions des responsables locaux. Cependant, nous n’allons pas dormir sur nos oreilles parce qu’il faut accentuer la pression sinon nous serons oubliés encore pour des années.

Cinq ans sont déjà passés mais on ne voit rien venir sauf des promesses non tenues. Il est temps de recourir à tous les moyens légaux parce que c’est un droit constitutionnel », calme un peu les esprits bouillonnants un autre intervenant. Avant de se disperser, a-t-on appris, les protestataires ont décidé de se constituer en collectif afin de suivre l’évolution de la situation parce que beaucoup reste encore à faire pour les satisfaire quand on sait que les aménagements et toutes les commodités demandent beaucoup de temps même si les projets paraissent achevés.

Amar Ouramdane