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Aïn El-Hammam

Les chacals prolifèrent

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Certains animaux protégés, tels le chacal, le singe et autres commencent à devenir envahissants, au grand dam des populations qui les croisent quotidiennement. Ces derniers temps, les habitants de toute la région montagneuse d’Aïn El Hammam ou d’Iferhounène, se plaignent de ces chacals qui «s’approchent trop près des maisons», au point qu’ils terrorisent leurs locataires.

Ces canidés, tout comme le renard, «leur cousin», vivent normalement dans les forêts et les maquis, loin de tout mouvement de la population. Or, ces derniers temps, ils ont tendance à se rapprocher des hommes, tiraillés par la faim alors qu’on ne les voyait, depuis longtemps, que dans les champs éloignés. Il n’est plus rare de les rencontrer en plein jour sur les bords de routes ou à proximité des décharges sauvages, où ils disputent leur pitance aux chiens errants.

Vivant normalement en solitaires ou en couple, les chacals commencent à se rassembler en meute, comme le rapportent les paysans qui ont eu à les apercevoir dans les champs. «Ils n’ont même plus peur des chiens avec lesquels ils semblent sympathiser», révèle un chasseur qui fait état de deux cas d’agression sur des personnes dans une commune toute proche. La peur de la rage conduit les gens à s’en éloigner et à tenir leurs chiens en laisse même lors de leurs sorties dans les forêts profondes.

On confond souvent le chacal et le renard de par leur grande ressemblance, mais le premier est plus grand. Par ailleurs, la mangouste, très rare à une époque, a beaucoup proliféré et se rapproche, elle aussi, des habitations. Elle est très attirée par les poulaillers, disent les éleveurs de volailles, qui se plaignent des dégâts que ces mammifères causent.

«Elles ne se suffisent pas de manger un poulet, elles en tuent le plus possible avant de quitter les lieux». Contrairement à ces autres animaux, qui semblent se reproduire à grande vitesse, le sanglier commence à se raréfier, disent les chasseurs. Très ciblé par les battues, le sanglier chassé à outrance semble s’être éloigné des lieux habités. Pour Nacer, un grand amateur de gibier, il faut s’aventurer loin dans la forêt pour en rencontrer un. «Pourtant, il y a peu, il suffisait de s’éloigner de quelques pas en contrebas de notre maison pour rencontrer un harde de plus de dix sujets».

Il désigne les chasseurs qui effectuent un travail de «sape» comme responsables de cette situation. Ils en tuent «pour le plaisir» jusqu’à dix sangliers, lors des battues, abandonnant sur place l’objet de leur «butin». Par ailleurs, les laies qui, d’habitude sont suivies par une portée d’une douzaine de marcassins, n’en traînent plus que deux ou trois. Le reste est décimé par les chacals affamés. Non protégé jusqu’à maintenant, le sanglier risque de disparaître de nos régions.

A. O. T.