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Draâ El-Mizan

Les maraîchers face aux systèmes d’irrigation saturés

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S’il est vrai que la région est à vocation céréalière, il n’en demeure pas moins qu’elle recèle aussi d’importantes réserves hydriques à même de développer au mieux les cultures maraîchères. Certes, certains maraîchers investissent dans ce créneau, cependant, la plupart d’entre eux abandonne ce genre de cultures parce qu’ils n’ont pas les moyens d’irriguer leurs champs.

«On peut cultiver tout ici mais comme nous n’avons pas de réseau d’irrigation, alors on ne peut rien faire. Ce n’est pas donné à tout le monde d’acquérir de la tuyauterie et des motos-pompes en raison de leur cherté, surtout lorsque le champ se trouve à deux kilomètres du barrage d’eau», expliquera un maraîcher sis du côté des Boumriche.

Comme notre interlocuteur, ils sont nombreux à interpeller les responsables concernés à s’occuper de ce barrage. «Je me souviens que jusqu’à la fin des années 80, le réseau d’irrigation fonctionnait encore. Avec le temps, il est devenu vétuste et a disparu même dans beaucoup de champs. Imaginez que lorsque ces terres dépendaient du domaine agricole autogéré Aissat Idir, il y avait dans chaque champ une bouche où l’on pouvait raccorder les tuyaux. Aujourd’hui, il n’en reste rien.

Il est temps de réhabiliter ces réseaux ou de réaliser d’autres. C’est plus pratique et moins coûteux quitte à ce que le fellah paie l’eau qui arrive dans son champ avec l’installation des compteurs. Laisser aujourd’hui un barrage d’une telle capacité à la merci des pollueurs qui polluent l’eau avec leurs motos-pompes est un crime. Et puis, il ne faut pas oublier que le barrage d’eau est envasé à plus de 80%», dira un autre investisseur venu de Bordj Ménaïel pour louer des terres et planter de la pomme de terre.

En tout cas, les fellahs sont unanimes aussi à dresser un tableau sombre sur la gestion de ces ressources hydriques. Le même constat a été fait également à Ain Zaouia. «Dieu merci, pour cette année, le barrage est rempli et on ne voit plus son tremplin. C’est dire que la quantité d’eau va servir toute la saison estivale. Cependant, je peux encore dire que si le réseau d’irrigation n’était pas refait, l’eau partira dans la nature et les fellahs ne vont pas profiter de ce don.

Ce n’est pas la première fois que nous posons ce problème, mais aucun responsable n’a bougé le petit doigt pour rentabiliser au mieux ce barrage», constatera un autre maraîcher résidant non loin du barrage. Il est à signaler que la région dispose aussi d’autres retenues colinéaires moins importantes que ces deux barrages, en plus de celui de Tizi-Gheniff qui souffre de la même carence. C’est dire que ce sont là des atouts importants pour peu que leur prise en charge soit actée, car même en cas de sécheresse, le recours à l’irrigation des champs de blé sera possible.

Amar Ouramdane