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Aïn El Hammam

Les salles de jeux foisonnent

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A défaut de structures de loisirs et d’un programme culturel en ce mois de carême, les citoyens se rabattent sur les habitudes nocturnes ancrées dans nos régions, depuis des lustres. Si le Ramadhan est synonyme d’abstinence, il n’en demeure pas moins qu’il «permet» également tous les excès. La léthargie ambiante observée durant la journée laisse place au défoulement dès les dernières cuillerées de soupe avalées, laissant la télé à la gent féminine.

Chacun reprend ses habitudes qui reviennent chaque année avec les mêmes amis et les mêmes lieux de distraction. À l’affût, certains opportunistes ne laissent pas passer l’occasion d’engranger de substantielles rentrées d’argent, sachant que le Ramadhan est la période où les gens ne lésinent pas sur les dépenses. Les vieux garages reprennent du service, à nouveau. Profitant du manque de loisirs au niveau des villages, certains «commerçants» d’occasion les aménagent en locaux devant servir de café maure et de lieu de rencontres et de loisirs, durant une partie de la nuit.

Dans la plupart des villages, on ouvre des cafés de fortune qui accueillent ceux qui ne se donnent pas la peine de se déplacer jusqu’à la ville même si certains fourgons assurent le transport durant quelques heures. La plupart de ces cafés villageois, non autorisés à activer, faut-il le préciser, n’ouvrent pendant le mois de carême que pour proposer des jeux de hasard qui rapportent beaucoup plus au cafetier qu’aux joueurs. Les parties de poker dans une salle attenante et discrète commencent tôt et ne se terminent qu’à l’heure du shor. Les boissons ne sont généralement qu’un prétexte pour donner une image d’un «établissement sérieux» et attirer la clientèle.

À partir de vingt deux heures, parfois avant, on s’adonne à une autre activité plus rentable : le loto. L’ambiance, le suspens et l’espoir d’un gain facile scotchent les joueurs à leur table jusqu’à des heures indues de la nuit. Même si on arrive à gagner une partie ou deux, la somme recueillie est loin de compenser la dépense. Pour les jeunes, les tables de billard et de babyfoot ne désemplissent pas et les parties se suivent sans discontinuer. Grands et petits veillent, c’est le Ramadhan. Bien que la loi et la morale le réprouvent, la présence d’enfants en bas âge semble tolérée jusque tard dans la nuit.

Des enfants qui doivent se préparer aux compositions qui auront lieu dans peu de temps veillent avec des adultes et s’adonnent aux mêmes activités sans scandaliser personne. «Ils ont des parents. C’est à eux de les surveiller», disent ceux qui doivent veiller à leur interdire l’accès à ces lieux qui ne leur sont pas destinés.

A. O. T.