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Timizart

Mira veut sa part de développement

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Sis à l’extrême nord-est de la commune de Timizart (Ouaguenoun), à la lisière d’Iflissen, le village de Mira souffre de multiples insuffisances. Certes, au passé, il a bénéficié de quelques petits projets, comme le bétonnage de certaines ruelles.

Aussi, l’école primaire dudit village, baptisée du nom de Boukebout Ahmed, a été raccordée l’année dernière au gaz de ville. Ce qui permettra au moins aux petits écoliers de passer un hiver au chaud au même titre que l’ensemble des foyers que compte Mira. Toutefois, ce village est vraiment mal pourvu en matière d’équipements et d’infrastructures de base.

Lounes Hami, enseignant universitaire, reconnaît l’effort fourni jusque-là par l’équipe dirigeant actuellement l’APC de Timizart. Mais pour lui, Mira demeure en marge et tarde à s’arrimer au train du développement. Il s’explique: «D’abord, la réfection du tronçon routier, d’une distance de quelque quatre kilomètres linaires, traversant notre village en passant par Thilmatine pour aller à distination de la RN71, à l’extrême Nord de la commune, devrait être inscrite sur l’agenda de l’exécutif communal. Ce chemin est totalement cabossé.

Il y a bien évidemment lieu de prendre en charge les accotements de cet accès, tout comme la réalisation de caniveaux et de conduites de canalisation des eaux pluviales par endroits». La couverture sanitaire fait ainsi amplement défaut à Mira, indique-t-on encore. Le dispensaire Hami Mohand Ouali, implanté au centre du village, nécessite un intérêt particulier.

Il n’a à titre d’indication pas de médecin, comme il manque de produits de soins. Pour une simple consultation médicale, les malades se trouvent contraints de se diriger vers la polyclinique d’Agouni Oucharki (Aghribs) ou vers celle Souk El Had, chef-lieu de la commune, à plus de dix kilomètres.

Les malades nécessitant l’hospitalisation sont par ailleurs obligés d’aller plus loin, c’est-à-dire soit vers l’hôpital d’Azeffoun, (situé à une trentaine de kilomètres), soit vers celui d’Azazga, (à une vingtaine de kilomètres environ). D’aucuns prennent la direction du centre hospitalo-universitaire de la ville de Tizi-Ouzou, qui se trouve à plus de cinquante kilomètres des lieux.

D’après Hami Lounes, dernièrement, faute de locomotion, une vielle femme du village, souffrant d’une insuffisance respiratoire, a été évacuée en urgence à l’hôpital de la ville côtière, Azeffoun. Elle a, selon notre interlocuteur, miraculeusement échappé à la mort. D’autre part, à Mira, l’éclairage public fait également défaut.

Les villageois circulent dans le noir la nuit. Mira ne dispose ainsi pas d’abribus. D’après les habitants interrogés, les quatre quartiers que compte ce village auraient besoin d’au moins quatre abribus, afin de permettre aux voyageurs d’attendre le transport à l’abri des aléas climatiques, surtout en période de froid. Au volet loisirs, Mira est également mal placé. Les villageois attendent la réalisation d’une petite aire de jeux et de détente.

A présent, c’est la cour de l’école primaire qui fait office de lieux de distraction pour enfants. Par ailleurs, Mira dispose d’une maison de jeunes, construite il y a quelques années, qui demeure néanmoins sans équipements. Et dernièrement, le villageois Hami Smaïl a pris l’initiative de l’équiper de quelques livres, d’instruments de musique, voire même de quelques micro-«Il est souhaitable, par exemple, de l’équiper convenablement et d’y affecter un directeur, et pourquoi pas un ou deux autres employés, afin qu’elle puisse faire bénéficier véritablement au moins les jeunes et ceux qui accordent autant d’intérêt à la culture au sein de ce village historique où a vu le jour le célèbre Abdelkader Meksa et tant d’autres hommes de culture et autant de combattants de la Révolution», a dit Moh Ouali, un jeune habitant du village.

Hami Lounès propose d’autre part la restauration de l’ancien village de Mira, du côté nord de la commune de Timizart. «C’est un très beau village qui devrait attirer l’attention des autorités. C’est un véritable lieu d’attraction, pourvu que l’on en prenne soin ! C’est un endroit favorable même au développement du tourisme de montagne. Il donne en plus à la mer. Mais, à mon sens, il faut au préalable aménager le chemin dont nous venons de parler afin de faciliter l’accès au village», a-t-il précisé.

Djemaa T.