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Aïn El-Hammam

Montée spectaculaire des prix

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Bien que la qualité et la quantité ne manquent pas au marché des fruits et légumes d’Aïn El-Hammam, les prix ne suivent pas la règle de l’offre et de la demande. Les commerçants semblent s’être «coalisés sur notre dos», dit un client qui venait de faire le tour du marché, avant-hier, pour dégoter les produits les moins chers. «Ils se sont entendus pour pratiquer les mêmes prix excessifs à tous les étals.

Il est donc inutile de questionner plusieurs revendeurs sur les coûts», ajoute-t-il. Ainsi, les consommateurs découvrent que, depuis un mois, les prix ont grimpé graduellement jusqu’à atteindre des seuils inadmissibles pour les petites bourses. Le poivron à 200 DA est talonné de près par la laitue à 180 DA, alors que la courgette est cédée à 160 DA. Les navets et les carottes ont repris du poil de la bête pour être respectivement proposés à 120 et 100 DA/kilo.

Même les aubergines, dont personne ne voulait il fut un temps, deviennent un légume prisé. Elles sont vendues à 140 dinars au même titre que le piment, qui n’a de piment que le nom. Du côté des fruits, la banane, dont les coûts fluctuent à la hausse, s’est stabilisée à 265 dinars, parfois plus. On ne peut, par ailleurs, se permettre de déguster une bonne orange à moins de 140 DA. Les moins chères sont cédées à pas moins de 90 dinars. Le marchand précise que «c’est pour le jus», à l’adresse de ceux qui hésitent, attirés par le prix.

Les fraises, que l’on trouve également sur de nombreux étals, ne sont pas vendues au kilo mais à la barquette, dont le fond est tapissé de fruits immangeables. Certains, possédant des véhicules, profitent de leurs sorties pour s’approvisionner ailleurs, là où la mercuriale est loin d’égaler celle de l’ex-Michelet, où les marchands viennent parfois de très loin, sachant que leur marchandise trouvera preneur dans cette région isolée, loin des marchés de gros et des plantations. Notons qu’aucun marchand ne prend la peine de poser des affichettes indiquant les prix de ses produits.

Les contrôleurs, qui ne mettent vraisemblablement jamais les pieds au marché, sont sollicités par les consommateurs pour mettre un terme à l’anarchie qui y règne. «On peut y vendre n’importe quoi sans être inquiété», conclut un habitué des lieux.

A. O. T.