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TIZI-GHENIFF - 4e séminaire sur la prise en charge du cancer

«On fait ce qu’on peut à l’unité Belloua»

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L’association A-Rahma d’aide aux personnes atteintes du cancer a initié, samedi dernier à Draâ El-Mizan, un 4e séminaire sur le cancer, en collaboration avec le CRA local, le CRA de Tizi-Ouzou et l’APC.

Cet événement, abrité par la salle omnisports, intervient au lendemain de la fin de la campagne de dépistage du cancer de la prostate chez l’homme et des cancers du sein et du col de l’utérus chez la femme, qui s’est étalée sur deux jours. «Cette campagne de dépistage, la première du genre dans la région, a drainé un monde fou. Nous avons inscrit 1 000 personnes, dont 700 femmes.

J’aimerais dire à l’intention des personnes n’ayant pas eu la chance de se faire dépister qu’une autre opération sera organisée prochainement», dira dans son intervention Yahia Nouredine, président du CRA-local. De son côté, le maire, Djamel Mahmoud, a estimé que cette opération de santé a été une réussite sur tous les plans, grâce aux efforts des organisateurs et de leurs partenaires.

Intervenant à son tour, Mahmoud Ouazar, président de l’association A-Rahma, souligne qu’après trois séminaires organisés à Draâ El-Mizan, c’est tout naturellement qu’il a pensé à réunir les citoyens de Tizi-Gheniff et de M’Kira non seulement pour évoquer son projet, à savoir la réalisation d’une unité d’oncologie médicale à l’EPK Krim Belkacem de Draâ El-Mizan, mais aussi pour sensibiliser l’assistance sur les dangers de cette maladie et de sa prise en charge, à travers un 4e séminaire. «Je lutterai contre cette maladie, que je connais très bien, jusqu’à la dernière goutte de mon sang.

Il n’y a pas que le cancer qui tue le malade, il y a aussi la négligence. Aujourd’hui, ce n’est pas facile d’avoir un rendez-vous dans un CAC. Donc, nous devons conjuguer tous nos efforts pour obtenir l’ouverture d’un service d’oncologie dans notre hôpital. Toutes les volontés existent. Cependant, si nous agissons main dans la main avec nos autorités, nous arracherons l’accord du ministère de la Santé. J’ai tout un dossier au niveau de ce ministère», lancera-t-il sous les applaudissements nourris de la salle.

M. Ouazar insistera aussi sur les moyens à mettre à la disposition de cette catégorie de malades, en avertissant : «Nous avons de plus en plus de personnes atteintes. Cela est dû à plusieurs facteurs. Mais je crois que c’est surtout le diagnostic précoce qui manque le plus. Nos malades doivent faire des kilomètres pour une chimiothérapie, alors que d’autres n’ont pas un sou pour faire leur bilan.

La situation est alarmante». Pour sa part, le professeure Sakhri, du service oncologie de l’unité de Belloua, axera son intervention sur le manque de moyens: «Depuis 2005, aucune autre unité d’oncologie n’a été créée dans aucun hôpital de la wilaya. Et pourtant, c’est faisable et cela coûte moins qu’un CAC.

Il suffit de deux lits, d’un petit matériel et de médecins. Lorsque la maladie est diagnostiquée à temps, les chances de rémission sont grandes et le traitement n’est pas coûteux. Au niveau de l’unité Belloua, nous recevons plus de 50 malades par jour. C’est devenu insupportable aussi bien pour le corps médical que pour les patients. Je plaide pour la création d’autres unités de proximité dans les importants hôpitaux de la wilaya», dira-t-elle.

L’intervenante évoquera, ensuite, le cas de l’hôpital de Draâ El-Mizan où la cellule de cytologie a très bien réussi : «Dans une étude que j’ai menée, j’ai constaté que le cancer de l’utérus a bien reculé dans la région de Draâ El-Mizan parce que le personnel de cette cellule fait un travail de dépistage très important. Des cellules similaires devraient être envisagées dans les autres hôpitaux», estime la professeure Sakhri. Avec des chiffres à l’appui, à l’horizon 2025, s’alarme la même professeure, cette maladie fera des ravages si sa prise en charge n’est pas faite à temps et dans les meilleures conditions.

Dans son exposé, Mme Sakhri mettra en exergue tous les facteurs à prendre en considération, afin de se prémunir de cette affection. «En Amérique et dans les pays européens, ce n’est pas le malade qui va à l’hôpital, ce sont les médecins qui vont chez lui. Pourquoi cela ne se fait pas chez nous ? Il y a des malades qui font plus de 400 kilomètres pour une séance de chimiothérapie. Il y a mauvaise gestion dans notre pays», dénonce encore le professeur Sakhri. Toutes les interventions ont été suivies avec attention par l’assistance, qui, comme les intervenants, pense qu’il est impératif de coordonner les efforts des uns et des autres, pour se faire entendre auprès des responsables concernés.

Amar Ouramdane