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AGOUNI GUEGHRANE - Solidarité

Rayane Akram en Espagne depuis avant-hier

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Après avoir lancé un appel à la solidarité en février dernier pour retrouver l’usage de ses jambes, Rayane Arkam, de la commune d’Agouni Gueghrane, a été enfin pris en charge, grâce au comité du village et au réseau Médecins du monde, dont le bureau local est sis à Azazga.

Le président de l’Association de soutien aux personnes handicapées de la wilaya de Tizi-Ouzou, Ahcène Menad, a fait savoir que le jeune Rayane s’est envolé avec son père vers l’Espagne avant-hier (mardi) à midi pour se soigner. «Ceci a été rendu possible grâce à l’aide des Médecins du monde et au comité du village d’Agouni Gueghrane, qui a pu réunir la somme de 7 000 euros pour les besoins de sa prise en charge en Espagne», précise-t-il, ajoutant :

«Le jeune Rayane bénéficiera dans un premier temps de consultations spécialisées pour que les médecins établissent un diagnostic exact de sa maladie. Un devis lui sera fixé pour une probable intervention chirurgicale. Maintenant si la somme de 7 000 euros s’avère suffisante, tant mieux, sinon on appellera encore à la solidarité des bienfaiteurs, pour assurer des soins efficients à Rayane, qui veut retrouver l’usage de ses jambes afin de poursuivre sa scolarité et pratiquer son sport favori, le football».

À rappeler que Rayane Arkam, 11 ans, avait une enfance totalement normale jusqu’au mois d’avril 2017, après avoir contracté la varicelle. Un matin, alors qu’il était à sa quatrième année scolaire, il n’a pas pu sortir de son lit, une de ses jambes s’étant subitement retrouvée paralysée. Le cauchemar de Rayane et de sa famille fut enclenché. Sa deuxième jambe n’a pas tardé à se paralyser à son tour, clouant définitivement Rayane au lit.

Le goitre et l’obésité ont suivi pour compliquer la vie, déjà dure, du jeune garçon et de sa famille. Sa scolarité est, alors, perturbée, des hospitalisations se succèdent mais sans résultat. Son père, Samir, modeste ouvrier dans une entreprise privée, déplorait il y a quelques semaines: «Je suis un simple ouvrier dans une entreprise privée et père de trois enfants.

Mon fils Rayane, âgé de 11 ans, est né enfant normal. Il a poursuivi sa scolarité jusqu’à la 4e année primaire, en 2017. Le 20 avril de cette année, Rayane a contracté la varicelle, mais au 5e jour, sa maladie s’est aggravée. En se réveillant au matin, il ne pouvait plus sortir du lit. Il avait perdu l’usage de sa jambe.

Je l’ai immédiatement fait consulter par un médecin, puis un autre, puis plusieurs… Rayane a perdu sa jambe et ne contrôlait plus ses besoins naturels. Après son hospitalisation au CHU et au sanatorium de Tizi-Ouzou pendant 10 mois, Rayane a encore perdu l’usage de sa deuxième jambe et n’arrivait plus à respirer normalement. Après d’autres consultations, il est tombé dans un coma de 15 jours. Les médecins avaient encore diagnostiqué d’autres maladies sans être sûrs de quoi que ce soit.

Le seul diagnostic est que mon fils ne sent plus la partie basse de son corps et souffre aussi du goitre et de l’obésité. A l’hôpital, on l’a transformé en cobaye sans le guérir, suite à quoi j’ai décidé de le ramener à la maison. Quand je ne travaillais pas, je le déposais à l’école en le portant sur mon dos. Je n’ai aucun moyen ! Même mon habitation est au 3e étage, je monte sur des escaliers en ferraille et en forme d’escargot. Rayane est devenu obèse.

Il n’a onze que ans, mais il pèse près de 65 kilos. Sa mère se rendait aussi à son école à midi pour lui changer ses couches devant ses amis de classe. A présent, il refuse d’aller à l’école car il supporte mal sa maladie et le regard de ses copains». Le concerné avait également exprimé son vœu de guérir : «Je veux en premier lieu redevenir comme avant, marcher, jouer et pouvoir aller à l’école et retrouver mes camarades de classe. Je voudrais retrouver une vie normale et pouvoir rejouer au ballon». «Mon rêve, c’est de le voir retrouver l’usage de ses jambes et poursuivre sa scolarité», indiquait aussi sa maman, en pleurs.

Hocine T.