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Projet de la pénétrante vers l'autoroute Est-Ouest

Stand-by et scepticisme

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À rappeler que peu avant la crise du coronavirus, le groupe ONE (Ozgun, Nurol, Engeoa) avait déjà prévu le licenciement de plus de 700 ouvriers, réduisant ainsi ses effectifs à seulement 200 travailleurs. S’il est vrai qu’au lendemain de son lancement, en 2014, l’espoir était vif de voir définitivement la wilaya de Tizi Ouzou désenclavée et rapprochée de la capitale, de l’Est et de l’Ouest du pays, le projet de la pénétrante vers l’autoroute Est-Ouest, pour lequel pas moins de 50 milliards de dinars ont été débloqués, est aujourd’hui en stand-by.

Et ce n’est pas seulement la crise sanitaire du Covid-19 que vit notre pays à l’instar des pays du monde qui a freiné le projet, mais surtout le manque de financement qui est à l’origine de l’arrêt de tous les chantiers. À rappeler que peu avant la crise du coronavirus, le groupe ONE (Ozgun, Nurol, Engeoa) avait déjà prévu le licenciement de plus de 700 ouvriers, réduisant ainsi ses effectifs à seulement 200 travailleurs.

Cependant, cette crise sanitaire a non seulement accéléré cette procédure, mais aussi impacté le groupe au point où aujourd’hui le projet est carrément à l’arrêt. «Peu avant la fin de nos contrats en mars dernier, nous avions exigé le paiement de nos arriérés de salaires de quatre mois. Ce fut alors chose faite à la fin du mois d’avril parce que les délais qui nous avaient été donnés étaient fixés au 20 avril. Mais, nous n’avions pas eu de temps d’exprimer notre colère par rapport à nos autres droits parce que les rassemblements étaient interdits au niveau de la base.

Maintenant, nous sommes tous au chômage et notre avenir est des plus incertains. Est-ce que nous serons réintégrés à la fin du confinement ? Nous n’en savons rien», dira un conducteur d’engin au sein du groupe, désespéré d’avoir perdu son emploi en plein mois de Ramadhan. Comme lui, ils sont nombreux à vivre ces moments difficiles imposés par la crise sanitaire et son corollaire le confinement. «Je cherche toujours un emploi saisonnier, mais pour le moment, il n’y a rien en vue», dira un autre travailleur. Le constat est amer, en attendant des jours meilleurs, car, il faut le souligner, ce projet a absorbé un taux de chômage important.

En plus de ces ouvriers employés dans les différents chantiers, il ne faut pas oublier que plus d’une quarantaine de transporteurs, des dizaines de camionneurs privés et des centaines de personnes sont employées par l’entreprise chargée de la sécurité des ouvrages. Et même si le projet était repris, il est à préciser que les délais contractuels, fixés au tout début à quatre mois, puis prolongés de vingt-quatre mois sont largement dépassés, à telle enseigne que les citoyens de la wilaya comparent cet axe autoroutier de 48 kilomètres de Tizi-Ouzou (Oued Falli) jusqu’à Djebahia (Bouira) à «la muraille de Chine». Par ailleurs, et si la situation financière fut pour beaucoup dans le retard accumulé dans le projet, d’autres aléas sont à souligner.

Il s’agit entre autres du relief accidenté et escarpé de l’itinéraire de cette pénétrante, ainsi qu’une kyrielle d’oppositions auxquelles le groupe avait fait face dès son implantation sur le territoire de la wilaya. Tout le monde attend le redémarrage du chantier à une belle cadence, en vue de mener à terme ce projet ô combien important pour le développement de la wilaya.

Amar Ouramdane