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Larbaâ Nath Irathen

Timechret à El-Misser

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Toujours fidèle à ses traditions, le village El Misser, relevant de la localité d’Aït Aggouacha, vient d’organiser timechret, au niveau de la mosquée du village, dans une ambiance digne de cette fête de l’Aïd. Trois bœufs ont été égorgés spécialement pour l’Aïd, faisant bénéficier l’ensemble des habitants du village. Dans ce sens, un quadragénaire nous dira : «Timechret est une tradition perpétuée de génération en génération dans notre village. Nous l’organisons ou moins deux fois par an.

La première en cette période de l’Aïd El fitr et la deuxième durant la fête d’El Achoura. Il faut dire que timechret est bénéfique à plus d’un titre. En plus de réunir les citoyens du village et de se faire connaître, notamment, par ceux qui habitent loin, elle permet aussi de traiter les gens sur un même pied d’égalité, le jour de l’Aïd. Tout le monde mange de la viande.» Et d’ajouter : «Ce qui est bien, c’est qu’elle est organisée deux jours avant l’Aïd ou l’Achoura pour permettre aux familles dans le besoin d’avoir de la viande chez eux et leur éviter les désagréments ou la gênes.

Les gens y contribuent sans aucune hésitation, seuls ceux n’ayant aucune ressource ou qui sont sans travail ne le font pas.» Effectivement, timechret, en plus de son caractère social, permettant de tisser des liens entre les familles et de renouer les relations entre elles, était aussi le symbole de la résistance durant la colonisation, où l’on interdisait son organisation. Malgré cette interdiction, nos aïeux l’organisaient, bravant le danger, dans une ambiance de joie et de fête.

Youcef Ziad