Accueil Tizi Ouzou Une commémoration à minima à l’ex-Michelet

Printemps berbère et Printemps noir

Une commémoration à minima à l’ex-Michelet

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Le double anniversaire du Printemps amazigh et du Printemps noir n’a pas été commémoré comme l’auraient souhaité les acteurs de ces événements. Il faut croire que le flambeau allumé le 20 avril 1980, tout comme celui du 18 avril 2001 avec l’assassinat de Massinissa Guermah et des 127 jeunes tombés après lui, n’a pas trouvé la relève auprès des jeunes générations. À Aïn El-Hammam, les associations culturelles ayant célébré ces événements, comme pour ne pas ignorer cette journée du 20 avril, se comptent sur les doigts d’une seule main. Leurs activités se limitent aux désormais traditionnelles expositions de robes kabyles, de plats traditionnels et autres bijoux kabyles.

Au centre culturel Matoub Lounès, on fête le mois du patrimoine du 18 au 28 de ce mois avec une exposition identique à toutes celles que le public a l’habitude de voir lors des manifestations culturelles. Au niveau du hall, les jeunes de l’association Tagmats d’Ighil Boghni présentent la maison traditionnelle kabyle où l’on retrouve des objets anciens, comme le moulin en pierre et autres. Quelques mètres plus loin, plusieurs centaines de livres en français traitant de la politique et de la littérature, ainsi que des ouvrages en tamazight ornent deux tables installées dans un coin. Point d’expositions murales habituelles où l’on retrouve des articles de presse, des témoignages et autres concernant les deux printemps berbères.

Ici comme en ville, rien ne rappelle ces journées historiques. En somme, le 20 Avril se banalise et devient une journée comme les autres. La plupart des jeunes susceptibles de commémorer les événements n’ont qu’une idée vague du 20 Avril 80 ou 20 Avril 2001, deux dates que la plupart de ceux à qui on a posé la question confondent. La quasi-totalité des villages de la commune sont dotés d’associations. Leur rôle n’est-il pas de transmettre l’histoire à ceux qui la méconnaissent, en attendant que l’école l’inclue dans ses programmes.

A. O. T.