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SOUK EL-TENINE - Insalubrité, bouchons et anarchie

Une commune en mal d’organisation

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C’est à croire que le désordre, l’insécurité, l’insalubrité, la saturation du trafic et l’anarchie sont inscrits en lettres grasses et avec de l’encre indélébile sur le front des habitants de Souk El-Tenine.

Est-ce vraiment le destin des Souk El Teninois ? La réponse est évidemment non, mais à condition que les responsables locaux daignent sortir de leurs bureaux et se mettre au travail pour lequel ils sont justement élus.

Lors des campagnes électorales de 2007, 2012, 2017, les prétendants (Toutes tendances confondues) à l’assemblée populaire ont à l’unanimité promis de faire revenir l’ordre, de prendre des mesures pour fluidifier la circulation, d’endiguer l’insécurité, l’anarchie et embellir le chef-lieu. Hélas après leurs mandatures, la situation n’a pas évolué d’un iota, pire elle a empiré.

En effet présentement, le chef-lieu de Souk El Tenine est en proie à une anarchie indescriptible, les bouchons sont interminables et l’insalubrité demeure un facteur constant, aggravant le décor de l’agglomération.

A signaler qu’un semblant projet d’aménagement urbaine a été décroché mais sa réalisation n’a pas atteint les objectifs escomptés. Hormis les trottoirs qui ont été réalisés partiellement et l’éclairage public refait mais qui n’a pas fait long feu et n’a pas tardé à montrer ses limites car à présent, il ne reste plus que les candélabres encore debout qui montrent que de l’argent a été dépensé, rien n’a été fait.

Les quelques arbustes plantés ici et là sont insuffisants pour décorer l’ensemble de la ville. Le drainage des eaux n’a pas été refait, aucun jardin public réalisé et aucune place n’est aménagée pour servir d’endroit de repos pour les habitants et les visiteurs. Les stations de fourgons qui pullulent comme des champignons à l’intérieur du centre-ville n’ont de station que le nom. Les fourgons et les taxis occupent juste la chaussée et augmentent le degré de la saturation de la circulation.

Le squat des trottoirs est toujours d’actualité. Les marchands et les commerçants n’hésitent pas à étaler leurs marchandises sur le trottoir et parfois même sur la chaussée. Les vendeurs de fruits et de légumes défient tout le monde en boudant le marché couvert de proximité conçu justement à cet effet et décident de commercer sur la route menant au siège de l’APC et parfois sur le chemin de wilaya 147.

L’affaire a été portée devant la cour mais à ce jour, le dénouement de la crise APC-commerçants est en stand-by. Le plan de circulation n’a jamais été mis à exécution, ajouter à cela l’absence des agents de la régulation de la circulation et les services de sécurité qui par leur indisponibilité encouragent l’impunité et l’apparition de comportements contraires au règlement. Du coup, les stationnements anarchiques, en deuxième, voire en troisième position, sont légion. En somme chacun fait ce que bon lui semble.

Les jours de marché, la donne se complique un peu plus

Aux heures de pointe et pendant les journées du marché bi hebdomadaire (lundi et jeudi), autant éviter de s’engouffrer dans ce guêpier.

Si par hasard un malade, une parturiente par exemple, doit être évacué à la polyclinique sise à l’extrémité de la ville autant faire appel à un hélicoptère. Ou alors courir le risque de perdre le malade et d’accueillir le nouveau-né dans sa voiture.

Impossible de rejoindre la polyclinique à temps et si par malheur, un camion de gros tonnage pointe, il vaut mieux éviter Souk El Tenine et si ce sont deux camions qui arrivent au même temps, l’attente risque d’être longue et insupportable. Les klaxons se multiplient ajoutant de l’agression sonore à la saturation.

Pour ce qui est de l’insécurité, les habitants et les commerçants en savent quelque chose. Abandonner son local de nuit est synonyme d’un cambriolage. Combien de commerçants ont eu la mauvaise surprise de découvrir au matin leur commerce sens dessus dessous et leurs caisses disparues.

C’est comprendre que le chef-lieu est en proie à l’anarchie, à l’insalubrité et à l’insécurité. Qui fera quelque chose pour lui redonner un semblant d’ordre, de fluidité du trafic, de sécurité et d’attrait ? La question reste posée et ne trouve pas de réponse depuis des décennies. «Notre chef-lieu ressemble à tout sauf à un centre-ville.

La circulation est toujours lente, les incivilités sont toujours de mise, l’absence des services de sécurité est devenue une constante, les commerçants imposent leur loi en occupant les moindres espaces et dans l’impunité totale, l’insalubrité est au galop pendant que nos responsables se prélassent dans leurs bureaux», a déploré un habitant du chef-lieu.

A signaler qu’un projet de restructuration de la ville a été annoncé en grande pompe depuis plusieurs années mais sa concrétisation attend Godot.
Hocine T.