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BOUDJIMA - Volontariats d’automne

Une tradition disparue

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Les villages n’organisent plus de volontariats pour désengorger et nettoyer les voies réservées aux eaux des premières pluies d’automne. Et pourtant, il n’ya pas si longtemps, cette période de début du mois de septembre connaissait une véritable dynamique dans les villages. Les citoyens, toutes catégories confondues, s’organisaient pour sortir les vendredis et effectuer ces travaux, en prévision des premières averses. Hélas, peu à peu, cette tradition a disparu. Différentes causes ont conduit à cette situation.

La première et la plus importante est relative à l’arrivée des services de la voirie, des ponts et des chaussées dans la commune. Les villageois ont peu à peu appris à compter sur eux. A leurs débuts, ces deux services étaient destinés à effectuer les mêmes travaux de volontariat organisés dans les villages. Mais après un bout de temps, il s’est avéré que les travaux n’étaient pas faits. De ce fait, les villageois n’effectuent plus ces travaux parce qu’ils comptent sur les services de la commune. Cette situation a fait que les premières pluies d’automne causent d’énormes dégâts dans les villages.

Chaque année, beaucoup de localités sont touchées par les inondations, très fréquentes en cette période. Pour leur part, les vieux abordés affirment que les travaux en question étaient non seulement une priorité mais une obligation sacrée pour les villageois. Jadis, une personne qui refusait de participer à un volontariat était systématiquement sanctionnée par une amende et risquait même d’être excommuniée, en cas de récidive. Pour rappel, jadis, à la fin de la saison estivale, au début du mois de septembre, les villageois effectuaient ces travaux les vendredis.

Ils sortaient la matinée munis de leur matériel, comme les haches, les faucilles, les pioches, entre autres. Les rues et les rivières, les fossés aux bordures des routes et les pistes étaient alors nettoyés pour permettre aux eaux de pluie de circuler facilement. Hélas, ce n’est plus le cas à présent. Une chose est sûre, le passage à une gestion moderne passe nécessairement par l’intérêt à donner à l’expérience des anciens. Ce qui n’est pas le cas, car on constate que les services des ponts et chaussées et de la voirie passent après les tempêtes et non avant.

Akli N.