Même si plus de 2 600 hectares sont consacrés à la céréaliculture, les agriculteurs gardent une grande superficie pour les fourrages. Comme le mois de mars a été prolifique en pluie, toutes les herbes ont poussé, notamment la luzerne et l’avoine. D’ailleurs, pour cela, la fenaison a été lancée plus tôt que prévu. Il suffit de faire une virée dans les champs pour voir ce joli spectacle qui s’offre à nos yeux et où des moissonneuses sont à pied d’œuvre. «C’est une belle saison. Nous avons un peu de tout. Il faut vite faucher parce que nos bêtes ont besoin d’herbe verte. Lorsqu’on fauche la première récolte de luzerne ou d’avoine, nous avons beaucoup de chance que les champs vont verdir une autre fois voire deux fois avant le début de l’été qui approche», nous répond un éleveur accosté dans un champ tout près du quartier dit «Les Boumriche».
C’est le même spectacle qui s’offre aux yeux dans toute la vallée. Des bennes de tracteurs remplies d’herbe verte plus nutritive en cette saison printanière quittent les champs pour aller dans les étables. «Lorsqu’on nourrit nos vaches avec de l’herbe verte, la production de lait augmente. Et puis, nous n’avons pas besoin de l’aliment de bétail, qui nous revient trop cher», explique un autre éleveur de Draâ Sachem. Et d’ajouter : «Avec une bonne saison comme celle-ci, nous espérons aussi une récolte céréalière exceptionnelle qui nous permettra d’avoir beaucoup de foin à moindre frais. » Il est à noter que ces dernières années sont prolifiques en fourrages. «Ce sont des saisons biennales. Une année, on consacre les champs aux céréales et l’année d’après aux fourrages. Les graines d’avoine sont très importantes pour la fertilisation des champs», dit un autre céréalier d’Aïn Zaouia.
Cependant, les éleveurs craignent un changement climatique dans les prochains jours. «Il ne faut pas oublier que l’année dernière, nous avions tout perdu à cause des pluies qui s’étaient poursuivies durant le mois de mai et le début du mois de juin. Tout d’un coup, nous étions surpris par les grandes chaleurs qui ne nous avaient pas donné le temps de faucher une deuxième fois les champs d’avoine», se rappelle un autre agriculteur. Il est à signaler que le prix du fourrage, cette année, n’a pas flambé en hiver parce que la récolte céréalière a été la plus bonne de ces dernières années et, par ricochet, le foin était abondant. En attendant la campagne de moissons-battages, qui ne sera lancée qu’à la mi-juin, les éleveurs en profitent pour amasser de grandes quantités d’herbe verte afin de nourrir leurs troupeaux sans débourser aucun sou du moins durant toute cette période. Pour le moment, la verdure domine encore toute la vallée et les champs fauchés commencent à repousser à la grande satisfaction des éleveurs et des agriculteurs.
Amar Ouramdane

