Sidi Aïch – La margine s’écoule à… 300 DA le litre

Le résidu noirâtre découlant de la trituration des olives, en l’occurrence la margine, se vend à prix d’or, soit pas moins de 300 DA le litre, a-t-on constaté, ces derniers jours, à Sidi Aïch.

En effet, des marchands l’écoulent sur la voie publique dans des contenants en plastique, exposés à la chaleur du soleil. «A l’époque, la margine était gracieusement offerte dans les huileries. A présent, elle a une valeur marchande dépassant celle des huiles raffinées, comme le soja», a fait remarquer, interloqué, un sexagénaire du quartier Les Cavaliers, sur les hauteurs de la ville.

«La margine est destinée à être déversée dans le réseau d’assainissement, après l’avoir débarrassée de sa charge polluante. Elle peut aussi trouver un débouché dans l’agriculture, où elle est utilisée comme fertilisant des sols pour booster les rendements», a souligné un oleifacteur de la région. Et d’enchaîner : «La margine n’a aucune valeur nutritive et peut même être nocive. C’est pourquoi, son introduction dans le circuit commercial relève de l’hérésie. » Prisée pour son goût particulier, elle est caractérisée par un taux d’acidité très élevée dû à la présence d’acides gras insaturés et saturés.

Ainsi, son attrait gustatif qui flatte le palais cache une piètre qualité sanitaire, faisant de cette mixture une denrée peu recommandable. «Les amateurs de margine doivent savoir que ce produit se consomme sobrement et rapidement, car il se prête très peu à la conservation. Tout retard entraîne sa dégradation, découlant de l’augmentation de l’indice peroxyde», a averti un ingénieur agronome, tout en déplorant l’anarchie qui caractérise ce négoce informel d’un nouveau genre.

N. M.