À l’instar des onze colonels de la Wilaya III historique, le colonel Ali Mellah est honoré par la réalisation sur la RN12 d’un buste à sa mémoire et en reconnaissance de son combat héroïque. Elle sera érigée dans son village natal Imlikchène.
Pour ce faire, l’APW de Tizi-Ouzou a octroyé une enveloppe de 350 millions de centimes pour réaliser ce monument, qui portera son buste et sa biographie. «Le projet a été confié à une entreprise. Celle-ci a lancé les travaux après avoir déplacé quelques anciennes tombes au cimetière. Nous ne savons pas exactement ce que comporte le projet, car c’est une subvention de l’APW. Mais ce sera certainement quelque chose d’important pour rendre hommage à l’ex-colonel de la Wilaya III historique», dira M. Rabah Medjahed, en sa qualité de maire.
Ce dernier, qui a salué cette initiative, estime que c’est la moindre des choses pour enseigner l’histoire de ces héros aux générations futures. De leur côté, les habitants du village Imlikchène sont fiers d’avoir une stèle représentant leur colonel héroïque. «Nous avons eu la chance d’avoir engagé dans les rangs de l’armée des hommes de valeur, tel le colonel Ali Mellah dit Si Chérif», expliquera un habitant de Taka.
Il est à rappeler que le colonel Ali Mellah est né le 14 février 1924 à Taka, relevant du douar d’Imkirène, rattaché à l’ex-commune mixte de Draâ El-Mizan.
Dès son jeune âge, il s’engagea dans le mouvement national, tout d’abord dans le PPA puis dans le PPA/MTLD. Militant actif, il fit ensuite son entrée dans l’OS et a prit part au congrès de cette organisation, du 16 au 18 avril 1947, à Blida. Il fut longuement recherché par la police coloniale si bien qu’il fut désigné comme chef des Ouadhias, de Sidi Naâmane, Tigzirt et Azazga. Il s’illustra par l’attaque du poste militaire de l’ex-Michlet, en compagnie d’Amar Ath Cheikh et d’autres faits d’armes peu avant le 1er novembre 1954.
Ali Mellah participa au déclenchement de la Révolution aux côtés d’Amar Ouamrane et de Krim Belkacem. Au mois de septembre 1956, juste après le congrès de la Soummam, il prit la route vers le Sahara pour organiser la Wilaya VI historique.
Malheureusement, après avoir accompli un énorme travail de structuration dans cette grande wilaya du Sud, il fut trahi et assassiné le 31 mars 1957 à Oued Bedj dans le désert d’Algérie, entre la Wilaya V et la Wilaya VI. Les habitants de son village natal souhaitent que cette stèle soit prête pour 1er novembre prochain ou le 31 mars à l’occasion du 63e anniversaire de sa mort tragique.
Il est à noter qu’un mémorial porte son nom à Tizi-Gheniff, inauguré au début des années 2000, mais il est laissé à l’abandon à cause de l’absence d’un statut qui lui permettrait d’être bien pris en charge.
A. O.

