Situé près de la mosquée, le jardin public, datant de la période coloniale, est devenu un terrain vague où viennent paître des chèvres et se reposer des chiens errants.
D’une superficie appréciable, cet espace, qui pourrait être vert, est à l’abandon et demeure tel que les Français nous l’ont légué à leur départ en 1962.
Une partie du muret en pierre rouge, surmonté d’une grille, s’est effondré, suite à un affaissement de terrain. De l’ancien jardin, dont les vieux nous parlent avec nostalgie, il ne reste qu’un bassin d’où coulait l’eau de source à l’époque.
Les bancs, pourtant lourds, nous dit un vieil homme, ont disparu comme par enchantement. Depuis que des travaux ont été entrepris en contrebas pour la construction des 100 locaux, le sol, imbibé d’eau, a glissé à plusieurs reprises, au point de créer un affaissement du goudron sur une partie de la chaussée, à quelques dizaines de mètres du siège de l’APC. La maison de l’imam de la mosquée, touchée par le mouvement du sol, a été démolie pour épargner tout danger à ses locataires. Aucune construction n’est possible sur ce terrain.
Cependant, des arbres ou des plantes peuvent lui redonner l’image de l’endroit paradisiaque qu’il fut, au grand bonheur de la population qui trouverait un lieu de repos au centre-ville, loin du tumulte des cafés. Aménagé, fleuri et doté de bancs, comme à l’origine, «un rêve», nous dit Djaffar, il fera le bonheur de nombreux retraités à la recherche de calme pour lire leur journal. Il permettra également aux passants, les femmes particulièrement, qui viennent à Michelet pour leurs affaires, de se reposer le temps de reprendre leur voyage. Avec peu de moyens, l’APC, qui a ressuscité la fontaine «La transat», pourrait redonner vie à ce vieux jardin public.
A. O. T.

