AMIZOUR – Un nouveau cahier des charges élaboré – Le projet du CAC bientôt relancé

Après les deux avis d’appel d’offres infructueux concernant l’attribution du marché portant sur la réalisation d’un centre anti-cancer (CAC) dans la commune d’Amizour, un nouveau cahier des charges a été élaboré. Suite à quoi, un autre appel d’offres sera lancé incessamment, a indiqué l’attaché de presse du wali de Béjaïa. «Sur instruction du wali, la direction de la santé de la wilaya a élaboré un nouveau cahier des charges pour le CAC d’Amizour. Il vient d’être examiné et validé, le 16 septembre dernier, par une commission intersectorielle au ministère de la Santé. Un troisième avis d’appel d’offres pour la réalisation de ce projet sera lancé, dès que le visa sera signé par la commission des marchés du ministère de la Santé», a affirmé notre source.

Le CAC d’Amizour comportera, selon le bureau d’études chargé du projet, trois principaux blocs dédiés respectivement à l’administration, la radiothérapie et la médecine nucléaire, et la chirurgie. L’infrastructure du CAC, très attendue par la population locale, notamment les malades cancéreux qui continuent de souffrir des longs et pénibles déplacements vers les autres wilayas du pays pour se faire soigner, sera également équipée de trois salles opératoires en plus d’une unité de greffe de la moelle osseuse.

D’une capacité de 140 lits, le CAC sera réalisé sur un terrain s’étendant sur une superficie de 7 ha. La wilaya de Béjaïa enregistre annuellement des dizaines de cas positifs, avec une prédominance du cancer du sein chez les femmes. Pour rappel, ce projet a été inscrit en 2010 et l’entame des travaux de sa réalisation était prévue initialement en 2014. Toutefois, il a été gelé par les pouvoirs publics dans le sillage de la politique d’austérité prônée par le gouvernement, après la chute des prix du pétrole. Mais les élus et la société civile de la wilaya de Béjaïa, dont l’association Tudert d’aide aux malades cancéreux d’Amizour, n’a pas cessé de réclamer le dégel de ce projet important.

«Le gel de ce projet est incompréhensible et injuste, si l’on sait que les CAC de Sétif et Batna, inscrits à la même période que celui de Béjaïa, ont été réalisés et ils sont opérationnels», avait-on alors dénoncé. Le dégel de ce projet a été obtenu en 2017 et les pouvoirs publics ont annoncé que l’enveloppe financière pour lancer les travaux de réalisation de l’établissement de santé est disponible et que 80% du coût de construction du CAC se trouve déjà dans la trésorerie de la wilaya. Pour les responsables du secteur de la santé à Bejaia, «la réalisation du CAC soulagerait, à coup sûr, l’équipe médicale du service oncologie de l’EPH d’Amizour, qui enregistre annuellement, depuis son ouverture en 2007, plus de 400 cas de cancer, différents types, avec une prédominance du cancer du sein».

Cela profitera également, et en premier lieu, aux patients de la wilaya qui se déplacent généralement à Alger pour une prise en charge de radiothérapie, après une attente de plusieurs mois. Fort heureusement, une équipe multidisciplinaire de bénévoles a créé l’association Tudert d’aide aux malades cancéreux pour soulager un tant soit peu les patients atteints du cancer et leurs familles. En 2018, les ambulances et véhicules de l’association ont effectué des centaines de sorties pour le transport de malades vers des structures de santé au niveau de plusieurs wilayas du pays et même en Tunisie, selon un bilan annuel établi par l’association de bienfaisance.

Au total, 1 109 déplacements ont été assurés, l’an dernier, au profit de patients cancéreux par les ambulances et véhicules de cette association caritative. La majorité des déplacements, soit 508, a été effectuée sur le territoire de la wilaya de Béjaïa, alors que 217 ont été pris en charge vers des hôpitaux de la wilaya de Sétif, 207 vers Alger et 143 vers Tizi Ouzou, a annoncé un membre actif de cette association. Créée en 2015, l’association Tudert d’aide aux cancéreux, qui a son siège principal dans la daïra d’Amizour, s’est dotée en l’espace de quatre ans de cinq ambulances médicalisées et de trois véhicules utilitaires. «Ce parc automobile a été acquis grâce aux dons généreux de bienfaiteurs, convaincus par la noble mission de cette association», a déclaré un membre actif de l’association Tudert.

Un défi que seules les associations crédibles, sérieuses et porteuses de projets humanitaires convaincants peuvent relever. En attendant la réalisation du centre anti-cancer (CAC) de la wilaya de Béjaïa, les patients cancéreux de la wilaya se déplacent généralement vers Sétif, Alger et Tizi Ouzou pour une prise en charge de radiothérapie, après une attente d’un RDV de plusieurs mois.

B. S.