Le SNMG passe à 20 000 DA

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Augmentation du SNMG de 2 000 dinars, exonération d’impôts (IRG) des revenus inférieurs ou égaux à 30 000 dinars et réduction du budget de fonctionnement de l’État de 50%.Telles sont les mesures phares prises lors du 8e Conseil des ministres présidé avant-hier par Tebboune. Le salaire minimum garanti, SNMG, a bénéficié d’une augmentation de 2 000 dinars, passant de 18 000 à 20 000 dinars à compter du 1er juin prochain. Aussi, les salaires inférieurs ou égaux à 30 000 dinars seront exonérés d’impôts sur le revenu global (IRG) à compter du 1er juin également. Ces deux mesures prises séance tenante, avant-hier, en Conseil des ministres présidé par le chef de l’État constituent certains de ses engagements électoraux de novembre/décembre 2019.

Alors que les incidences de ces deux mesures sur le Trésor public n’ont pas été communiquées, leur impact sur le pouvoir d’achat des catégories fragiles serait relativement palpable à l’aune des mercuriales en folie. Parmi les cinq mesures approuvées par le Conseil des ministres, l’augmentation de 30 à 50 % de la réduction du budget de fonctionnement. Crise économique et financière oblige, les différents services de l’État verront leur train de vie se réduire davantage, d’autant que les réserves de changes vont passer en-dessous des 45 milliards de dollars dans quelques mois, et les exportations d’hydrocarbures en perpétuelle décadence autant que les recettes.

Par ailleurs, le Conseil des ministres a approuvé la suppression du système de déclaration contrôlée pour les professions libérales. Cette mesure devra ainsi libérer les professions libérales du G13 qu’elles sont tenues de déclarer annuellement à la DGI. Il s’agit d’une déclaration obligatoire instaurée en 2006 aux personnes réalisant des revenus, et qui sont soumises à un taux proportionnel d’IRG de 20%, libératoire d’impôts. Les dispositions de l’article 46 de la loi de finances 2006 stipulent que le montant de l’impôt dû par les personnes physiques, relevant du régime de la déclaration contrôlée au titre de l’IRG catégorie BNC, ne peut être inférieur pour chaque exercice à 5 000 dinars.

Les propositions émanant du ministère de l’Industrie et des mines relatives à la relance du secteur industriel ont été également approuvées lors de ce Conseil des ministres, avant que le président de la République ne demande de poursuivre le débat autour de la LFC 2020 la semaine prochaine «afin de mieux enrichir l’avant-projet de loi».

Producteurs et distributeurs numérisés

Un système numérique d’encadrement et de suivi de l’approvisionnement du marché national en produits alimentaires et agricoles a été présenté en Conseil des ministres d’avant-hier par le ministre du Commerce, Kamel Rezig. Le système en question, selon le ministre, a été mis en place pour le suivi de l’approvisionnement des marchés à l’échelle nationale dans le contexte de la propagation de la pandémie de Covid-19, en particulier durant le mois de Ramadhan.

D’autre part, «ce système vise la création d’une banque de données pour identifier l’ensemble des acteurs intervenant dans les domaines de la production et de la distribution des produits de large consommation, déterminer les capacités de production et organiser le périmètre de distribution, et assurer un suivi périodique des niveaux de stockage à l’échelle nationale pour les secteurs public et privé», a révélé Kamel Rezig. Pour Abdelmadjid Tebboune, ce système numérique est la preuve de la mise en place d’un processus pour la construction d’une économie nationale moderne. Il s’est d’ailleurs félicité d’avoir adopté et mis en place ce système qu’il a qualifié de «premier pas dans la mise en place d’une économie moderne».

Le chef de l’État a, à cet effet, «exhorté à veiller à sa mise à jour afin de disposer à tout moment d’une image réelle du secteur avec des chiffres exacts, et à généraliser ce système dans tous les secteurs et à travers l’ensemble du territoire national». Dans ce contexte, Abdelmadjid Tebboune a souligné que «le numérique et la prospective sont deux facteurs essentiels pour sortir de la sphère des statistiques approximatives qui n’aident nullement à asseoir une économie forte et moderne ni à assurer la transparence des transactions économiques», précisant que «c’est plutôt un véritable obstacle au développement économique et la consumation des efforts et des ressources».

De ce fait, il a affirmé que «la modernisation est impérative pour la relance d’une économie nationale efficace, telle que nous l’ambitionnons. Il s’agit là d’un choix stratégique pour l’État qu’il importe de mettre en œuvre sans délai». Et dans le cadre de l’agriculture industrielle, le chef de l’État a instruit son gouvernement d’«accélérer la création immédiate» d’un Office de l’agriculture saharienne pour la mise en valeur de millions d’hectares de terres sahariennes afin de développer l’agriculture industrielle.

M. A. T.

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