Les circonscriptions des deux daïras de l’Est de la wilaya, M’Chedallah et Bechloul, abritent une bonne douzaine de carrières d’agrégats et plus de 50 plateformes de fabrication d’agglomérés.
Ces unités laissent échapper beaucoup de poussières qui véhiculent des composants cancérigènes. A l’heure actuelle, ces unités économiques fonctionnent pour la plupart de manière anarchique. Les carrières d’agrégats participent à la déformation de l’un des plus beaux panoramas de la chaîne montagneuse de Chréa en provoquant de profondes saignées car ne disposent pas pour la plupart des obligatoires filtres qui empêchent la poussière de s’échapper par les cheminées des concasseurs et broyeurs de roches. C’est le cas du gisement de la pierre bleue qui contient de la silice qui provoque une maladie pulmonaire grave, la silicose.
L’obligation suivante mentionnée dans les cahiers de charges est celle de l’arrosage quotidien des pistes et voies d’accès à ces carrières parsemées le long de la chaîne montagneuse de Chréa pour que les gros engins de carrière et les poids lourds ne soulèvent pas cette poussière que les vents poussent vers les milieux habités et les terrains agricoles limitrophes.
A signaler que les pistes qui desservent chacune de ces carrières s’étendent sur plusieurs kilomètres. Aussi, au-dessus de chaque carrière sont visibles, à des dizaines de kilomètres à la ronde, les épaisses volutes de poussière blanche. La retombée négative suivante est le non respect du dosage de l’explosif dénoncé à maintes reprises par les riverains de ces unités.
Soulignons que les plateformes d’agglomérés forment une chaîne presque continue à partir de la sortie est du chef-lieu de wilaya jusqu’à Akbou dans la wilaya de Bejaia sur une distance de 70 km des deux côtés de la RN5 et la RN26. Ces unités économiques qui fabriquent du parpaing, ourdis et buses en ciment, utilisent du ciment en vrac qui contient de l’amiante, une matière cancérigène.
Lors de la manipulation du ciment, de la poussière s’échappe et recouvre d’importantes surfaces aux alentours. En plus de cette pollution, la plupart de ces plateformes ne respectent pas l’alignement par rapport à la route et il n’y a aucune signalisation pour avertir les milliers d’usagers de ces deux routes nationales, les plus importantes de l’est du pays, de la sortie des engins qui surgissent brusquement au détour d’un virage où la visibilité est très réduite.
Ces deux facteurs polluants sont à ajouter à une autre catastrophe : la rivière Assif Sahel dans laquelle se déversent les rejets d’assainissement des douze communes relevant administrativement de ces deux daïra de M’Chedallah et de Bechloul.
Oulaid Soualah

