La Dépêche de Kabylie

M\’CHEDALLAH – Les centres urbains croulent sous les ordures

Après une accalmie de deux ans, voilà que la totalité des chefs-lieux de communes et les importants centres urbains des six communes de la daïra de M’chedallah, à l’Est de la wilaya de Bouira, renouent avec la saleté et les amas d’ordures un peu partout. La raison de la recrudescence de dépotoirs et autres poubelles et bacs à ordures débordant est la même. Matériel mécanique tels que les bennes tasseuses en panne de longues durées et diminution du personnel affecté à cette tâche d’éboueurs.

À propos de moyens mécaniques, l’absence d’ateliers de réparations dans la plupart des communes en est la cause principale ajoutée aux faibles moyens financiers accordés sur le chapitre fonctionnement dans les budgets des communes, mais aussi aux insignifiants moyens mécaniques dont ce sont dotées ces municipalités : à peine une benne tasseuse, un camion de 2,5 tonnes ou une benne tractée par un tracteur agricole. À chaque fois que l’un de ces engins tombe en panne, c’est la paralysie totale des rotations de ramassage d’ordures durant des semaines. Concernant les équipes d’éboueurs, le blocage des recrutements et le non renouvellement des contrats d’aide à l’emploi (DAIS) pour ceux ayant cumulé trois contrats de deux ans chacun en sont les raisons principales.

À cela il faut ajouter le cas des ouvriers partis en retraite et non remplacés. Aussi partout où l’on se rend à travers la région de M’Chedallah et toute la vallée du Sahel, c’est le même décor hideux d’amoncellements d’ordures ménagères qui vous accueille. Signalons que l’incivisme des citoyens a aggravé cette situation relatée. La plupart des citoyens véhiculés quand ils remarquent que les poubelles et bacs à ordures ne sont pas vidés prennent leur sachets d’ordures dans la malle et s’en débarrassent au premier pont sur leur passage ou en bordures des routes sans aucun état d’âme ni remords de conscience.

Finalement, la mise en service du centre d’enfouissement technique (CET) d’Ahnif et le renouvellement des moyens de collectes tels que les poubelles et les bacs à ordures ne sont pas d’un grande utilité et ce, à moins de procéder en urgence au renouvellement du parc roulant de chaque commune et le renforcement des équipes d’éboueurs mais aussi par l’introduction de lois plus répressives à l’égard des pollueurs. En attendant, la région renoue avec ses lugubres décors de pollution galopante visibles aussi bien au niveau des centres urbains, à leur périphérie qu’aux abords des principales voies d’accès.

À titre d’illustration, la RN15 reliant Ahnif au col de Tirourda est remplie de dépotoirs sauvages. Les fossés de cette route sont constamment bombardés de déchets de tous genres notamment des bouteilles et des canettes de bières. Les abords de la RN 30, 15 et le CW98 sont aussi devenus le réceptacle de toutes sortes de déchets et autres gravats.

Oulaid Soualah

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