Il a fallu que les responsables de la mairie de Yattafen décident d’implanter des toilettes publiques à 10 m de la cité des 44 Logements, située au chef-lieu de Souk El-Had, commune de Yattafen, pour que les citoyens décident de se réorganiser en comité. Pour rappel, il y a une dizaine de jours, un vendredi, une entreprise choisie par les services de la mairie de Yattafen décide de démolir un mur pour y implanter des sanitaires publiques, en face de l’Agence postale et des fenêtres des habitations de la cités des 44 Logements.
Une opération jugée par les résidents de ladite cité comme étant «incorrecte et indigne», ce qui les a poussés à organiser une Assemblée générale. Cette AG, pour rappel, s’est soldée par la rédaction et la signature d’une pétition, où ils ont refusé l’installation de ces toilettes publiques. Cette pétition a été déposée à la mairie par un comité créé illico presto, dimanche, et ce dès son ouverture.
A noter que cette Assemblée générale a aussi débouché sur l’organisation d’un volontariat pour nettoyer la cité totalement abandonnée par les services de la commune. Ainsi, vendredi dernier, dès 9h, tous les résidents des 44 Logements se sont donné rendez-vous dans la cour de leur cité pour procéder au nettoyage et au défrichage des lieux. L’Assemblée générale des résidents a aussi été l’occasion de mettre les points sur les «i» entre les habitants de cette cité.
De ce fait, un comité provisoire est né, composé de retraités, pour servir de lien entre les citoyens et les autorités, afin de revendiquer les droits des citoyens qui sont lésés et oubliés par les responsables de la mairie. «On ne peut plus se taire. Du temps des élus, nous avons toujours été mis de côté et maintenant que c’est la cheffe de daïra et le secrétaire général qui gèrent notre mairie, il en est de même. Rien n’a changé», dira un résident.
Et un autre de poursuivre : «Sinon, comment se fait-il qu’un citoyen qui s’oppose à l’implantation des toilettes publiques à l’extrémité du chef-lieu a été écouté, alors que nous, qui y résidons avec nos familles, n’avons même pas été consulté pour donner notre avis. Ce n’est pas normal. C’est du mépris de la part des responsables de la mairie, tous confondus. »
Et un citoyen d’enchaîner : «Pour la constitution de la commission pour l’élection présidentielle à venir, les responsables de cette mairie ont appelé et sollicité certains citoyens de cette cité et d’autres mais pour installer les toilettes publiques, nous avons été ignorés. Il n’y aura pas de toilettes publiques en face de nos fenêtres. Qu’ils les installent ailleurs. Ce ne sont pas les places qui manquent. » Signalons que le volontariat en question a permis de nettoyer la cité des 400 Logements et ses alentours.
La mairie, toujours selon les habitants, n’a fait que jeter l’argent du contribuable par la fenêtre, en démolissant un mur et en réalisant une plate-forme ou vont être implantées les toilettes publiques. Il serait temps que les responsables se concertent avec les citoyens pour leur bien-être.
M. A. B.

