Les habitants du bidonville Laazib Oumellal ont procédé, avant-hier et hier, au blocage de la RN26 à la circulation, pour interpeller les autorités sur leurs «déplorables conditions de vie». Les protestataires ont érigé des barricades avec des objets hétéroclites, paralysant la circulation dans les deux sens.
Durant les deux derniers jours, les véhicules légers ont pu contourner l’obstacle en passant par le chef-lieu de la commune de Chemini, mais les poids-lourds furent contraints de rester immobilisés sur place. Au deuxième jour de l’action, le représentant des protestataires nous a expliqué : «Hier, premier jour de notre mouvement, nous avons levé les barricades vers 11h.
Nous sommes allés à la wilaya pour solliciter une entrevue avec le wali. Malheureusement, nous avons patienté pendant plus de trois heures, en vain. C’est pour cela que nous avons décidé de reconduire notre action». Ils sont quarante familles qui s’entassent dans des abris de fortune. Des gourbis en parpaings nus, ayant pour toit des plaques de zinc. Les habitants des lieux sont pris en tenailles entre, d’un côté, l’Oued Soummam, et de l’autre le chemin de fer.
«Trois de nos enfants sont tombés dans l’oued et se sont noyés. Le premier en 1999, le deuxième en 2014 et ma fille de 13 ans est morte le mois de juillet dernier», nous dit un père de famille. Nos interlocuteurs nous expliquent que le terrain appartenant aux chemins de fer et à l’hydraulique, ils n’ont aucune possibilité de construire une habitation décente.
Trois compteurs électriques seulement alimentent les 20 taudis et les chutes de tensions sont légions. Quand l’autre oued, appelé «l’oued Amelal», sort de son lit, les enfants doivent longer le chemin de fer sur une distance de plus de deux cents mètres pour rejoindre leurs établissements scolaires, risquant à tout moment d’être fauchés par un train.
Sami D.

