Les nouvelles procédures décriées

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Demandeurs de logements et services techniques des communes à travers la daïra de M’Chedallah sont unanimes : les nouvelles procédures introduites, l’année passée, dans le traitement des demandes d’aides à l’habitat rural sont «bureaucratiques»

Des procédures qui prolongent, selon eux, les délais de finalisation du dossier et l’obtention du document principal, à savoir le certificat de possession qui constitue la pièce maîtresse du dossier. Ainsi, ce délai est ramené à une année au lieu d’un mois.

Ce prolongement est dû au fait qu’au lieu des quatre organismes étatiques qui devaient émettre leur avis par le passé, comme disposé dans le décret exécutif n° 91-254 du 27 juillet 1991, neuf organismes de l’État sont maintenant impliqués dans ce dossier. «Parmi ceux-ci, des services qui ne sont pas forcément concernés par tous les dossiers», avancent des demandeurs de logements et plusieurs chefs des services techniques des communes, qui se plaignent de la «bureaucratie».

«Une bureaucratie qui freine brutalement ce programme de l’aide à l’habitat rural. Logiquement, on ne demande pas, par exemple, à l’hydraulique d’émettre un avis là ou il n’existe aucune zone inondable» s’insurge-t-on. «Aussi, le postulant doit désormais fournir pas moins de 9 copies des plans d’architecture au lieu de quatre.

Ce qui triple les honoraires des bureaux d’études techniques, qui atteignent 15 000 DA au lieu des 6 000 DA exigés par le passé», explique-t-on encore. L’autre contrainte soulevée par les demandeurs est la limitation en R+1 des constructions en surélévation, notamment au niveau des anciens camps de concentration et centres de regroupement créés par l’administration coloniale, après l’opération de destruction des villages.

C’est le cas au chef-lieu de Saharidj, Raffour et Vouaklane, dans la commune de M’Chedallah, du chef-lieu de commune de Chorfa, Ighrem et l’ex-Maillot Gare, dans la commune d’Ahnif, et enfin Taourirt, dans la commune d’Ath Mansour. Les parents des villageois regroupés dans des «ghettos» avaient bénéficié chacun d’un lot de terrain pour ériger une seule habitation.

Or, la démographie n’étant plus ce qu’elle était à l’indépendance, la totalité des familles se retrouvent à l’étroit et ne possèdent qu’une exiguë assiette de terrain, attribuée par l’administration coloniale. Chaque père de famille se retrouve avec 5 à 6 garçons majeurs, en âge de fonder un foyer, restés célibataires faute de logement.

Il fut un temps pas lointain où l’idée de permettre une extension en surélévation à deux niveaux minimum, soit à R+2, a fait son chemin, au grand bonheur de centaines célibataires et de familles démunies, avant que le projet ne soit gelé pour des raisons inconnues. Notons, enfin, que la daïra de M’Chedallah a épuisé le dernier quota des logements du programme auto-construction et habitat rural. Pas moins de 2 500 demandeurs attendent un nouveau quota qui tarde à être attribué.

Oulaid Soualah

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