Les potentialités agricoles sous-exploitées

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La commune de Chorfa, située à 50 km à l’Est de la ville de Bouira, compte des potentialités agricoles non négligeables. Néanmoins, celles-ci demeurent toujours sous-exploitées. Cette commune rurale par excellence compte des terres agricoles à perte de vue avec un sol fertile et de bonne qualité. De vastes surfaces sont plantées d’oliviers qui peuvent dépasser allègrement les cinq mètres, et qui datent d’au moins deux siècles pour la plupart. C’est une véritable « forêt » d’oliviers et autres arbres fruitiers (figuiers, néfliers, pruniers, abricotiers, pêchers…) qui a été créée depuis des siècles dans cette plaine fertile enserrée entre l’oued Sahel et les collines abruptes surplombant cette commune et qui a pour nom Arafou, laquelle s’étend sur plusieurs centaines d’hectares.

L’arboriculture, notamment oléiculture, dans ces contrées rustiques demeure un atout non négligeable dans le développement local. Néanmoins, cette filière peine à décoller à cause de l’absence d’une coopérative agricole à même de promouvoir et de vendre de façon efficiente les récoltes (les fruits, l’olive et l’huile d’olive) de cette région qui sont d’une excellente qualité. En plus de cela, s’agissant de l’oléiculture, il y a le vieillissement des arbres oléagineux dont la majorité a au moins un siècle d’existence. Le rajeunissement du parc oléicole se fait timidement et cela devrait donner à réfléchir aux propriétaires des oliveraies et ce, afin de planter d’autres jeunes oliviers pour développer cette filière.

Il y existe aussi d’autres filières agricoles sur lesquelles peuvent compter les collectivités locales comme les maraîchages. Dans les quelques fermes toujours en exploitation, on peut constater des surfaces de cultures maraîchères, où sont plantés la pomme de terre, les blettes, les courgettes, le maïs, les tomates et poivrons de serres, etc. Ces légumes de qualité vont toujours approvisionner les marchés locaux et tous les autres marchés hebdomadaires de la région. Néanmoins, ce ne sont pas toutes les « glèbes » qui sont exploitées dans cette région à cause du délaissement progressif qui touche l’agriculture et surtout cette effarante avancée du béton qui « ensevelit » tout sur son passage. D’autres filières sont aussi en vogue dans cette localité comme l’élevage du bétail, l’aviculture et l’apiculture. La disponibilité des pâturages fait que l’élevage, qu’il s’agisse des bovins, des caprins ou des ovins, connaisse, également, un intérêt grandissant dans cette commune. Néanmoins, s’il y a bien une filière qui a fait une ascension fulgurante, ces dernières années, c’est bel et bien l’aviculture qui semble réussir dans cette municipalité.

Des dizaines d’unités avicoles ont vu le jour depuis des années et sont toujours en activité. Les produits avicoles comme les œufs et le poulet de chair y sont produits à profusion, suscitant une autosuffisance tangible en ces produits. Toutefois, les paysans de cette commune ont du mal à s’agripper à leur activités respectives et ce, à cause, nous dit-on, du manque de moyens et de l’absence de coopératives à même d’organiser les différentes activités agricoles et de commercialiser les récoltes et autres produits agricoles. « Notre commune pourrait enregistrer une véritable autosuffisance en produits agricoles et « exporter » même et ce, pour peu que les différentes filières soient organisées et pourvues en moyens adéquats que les pouvoirs publics mettraient à l’actif des fellahs. Sans cela notre agriculture resterait toujours prisonnière des procédés archaïques », conclut un fermier de Chorfa.

Y. S.

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