Après plusieurs tentatives qui n’ont pas abouti, les traveaux de rénovation du stade des Martyrs d’Akbou sera incessamment lancé, apprend-on d’une source municipale.
Il représente ainsi tout un symbole historique de la région, notamment eu égard à des générations anciennes. Néanmoins, l’état de dégradation dans lequel il se trouve actuellement tend à déduire qu’il s’agit, comme en témoignent d’ailleurs plusieurs acteurs sportifs, «d’un véritable gâchis». Ce stade, faut-il le souligner, faisait partie de la propriété de l’ancienne mairie coloniale.
Il est hérité ensuite par la commune d’Akbou suite à un acte notarié signé en 1962. Mal initié dès le départ, ce grand projet a connu également des raz-de-marée financiers et ensuite moraux. Au terme d’un chantier de rénovation qui s’est enlisé durant dix longues années, les travaux réalisés jusque-là sont un énorme gâchis. «C’est la montagne qui accouche d’une souris», s’accordent à dire les citoyens de la région. Le litige entre l’APC et l’agence foncière constituait dans le passé «le véritable handicap majeur» pour le lancement des travaux. Il a traîné par conséquent plus d’une dizaine d’année !
Le25 février 2010 et selon une copie d’un PV, une réunion a eu lieu au siège de la wilaya sous la présidence d’Abderrahmane Madjid Foutih, secrétaire général de la wilaya, pour trouver une solution au projet du stade et au litige opposant l’APC d’Akbou et l’agence de wilaya au sujet de la démolition du bloc multifonctionnel situé à l’intérieur du périmètre de stade. «L’APC a réitéré toutes les raisons de la demande de sa localité pour récupérer l’immeuble promotionnel de l’agence foncière pour l’annexer au nouveau plan de l’extension du stade qui se retrouve rétréci à des dimensions ne permettant pas de l’homologuer», ajoute-t-on.
Après la dissolution de cette agence locale, l’agence foncière de la wilaya a repris en main le projet dont les travaux réalisés sont estimés à 40% et qui sont actuellement à l’arrêt. Ainsi, d’autres résolutions sont prises notamment celle de la récupération du bloc en question par l’APC d’Akbou, ainsi que l’obligation de l’APC de prendre en charge l’ensemble du projet de stade et ses dépendances avec étude et financement sur ses fonds propres. Par ailleurs, la collectivité a approuvé, lors de la session dernière, la récupération de ce bloc et sa mise à la disposition du stade.
Le nouvel exécutif en place a élaboré toute une nouvelle étude pour donner, selon certains élus, plus de «spécificités» et de «tendances» à ce projet. En revanche et suite à la concession du bloc au profit de l’APC, cette dernière payera 2. 8 milliards de centimes de dédommagements à l’agence foncière. «Le projet a eu tous les avis favorables des différents services techniques», affirme Boucherit Mohamed, vice-P/APC chargé de la finance et de l’administration.
Seulement, une notice d’impact est, informe-t-on, exigée par la direction de l’environnement pour obtenir le permis de construire. «Cette notice est indispensable pour les stades dont la capacité d’accueil dépasse les 10 000 places», précise-t-il. Il y a lieu de savoir que le futur stade des Martyrs aura une capacité d’accueil de 12 000 places. Par ailleurs, un bureau d’étude local aurait pris, selon la déclaration du maire lors de la dernière session, l’initiative d’élaborer «gratuitement» cette étude, se réjouit-on.
Plusieurs budgets pour un seul projet
Pour rappel, le chantier a été lancé en 2002 pour un délai contractuel de douze mois. Il accumule, ainsi, un retard effrayant. D’ailleurs, le projet a été arrêté durant six mois en guise de suspension, à savoir jusqu’à octobre 2008, l’année de la reprise des travaux. Les enveloppes financières attribuées ont été révisées à maintes reprises. L’assemblée communale d’Akbou a dégagé plusieurs budgets pour la concrétisation de ce méga projet.
En effet, l’enveloppe est passée de 53 à 77,8 milliards de centimes lors d’une session tenue en octobre 2008. En outre, l’assemblée municipale avait dégagé un autre financement de 3,4 milliards de centimes du budget communal pour l’achèvement du projet. En octobre 2010, l’APC a adopté une inscription de l’ordre de 50 milliards de centimes comme une première tranche, dont 10 milliards comme montant de LAP.
Et, enfin, l’année passée, un montant de 70 milliards de centimes a été dégagé. «Le projet coûtera en tout 90 milliards de centimes en ajoutant toutes les autres parties accessoirement liées à ce nouveau stade», estime M. Boucherit. Malgré les défaillances techniques enregistrées jusque-là, cette perle architecturale aura sa part en charme urbain. Dans ce cas, une grande partie sera démolie pour permettre ainsi de reconstruire d’autres facettes nécessaires.
«La paroi nord et le virage de la paroi ouest seront démolis afin de créer un parking de 210 places au sous-sol et au rez-de-chaussée (RDC) pour avoir ainsi une large main courante et une bonne visibilité pour les deux niveaux des gradins nord afin de se conformer aux normes en vigueur», explique-t-on. Ce pôle sportif aura six niveaux, un rez-de-chaussée et cinq étages.
Le RDC comprend une esplanade pour contenir le public à l’entrée et à la sortie du stade. Ainsi, un parking sera d’une grande utilité, il contiendra 210 voitures qui seront à l’abri. Il sera également ouvert tous les jours, ce qui sera d’une valeur ajoutée à la recette de la commune. Pour le bien-être du public présent, les gradins seront entièrement couvertes.
Menad Chalal

