Se déplacer hors d’Aïn El-Hammam un samedi ou un dimanche relève du parcours du combattant, particulièrement pour les jeunes filles puisqu’il faut user de la force pour trouver une place dans un minibus.
«Je ne viens rendre visite à mes parents que rarement», nous confie une étudiante qui grillait sous le soleil, dimanche dernier, au niveau de l’ex-station de fourgons desservant Tizi-Ouzou à partir d’Aïn El Hammam, où elle attendait un hypothétique moyen de transport. Les transporteurs habituels n’arrivent pas à résorber le flot ininterrompu de voyageurs, qui envahissent le carrefour des Horloges, chaque début de semaine.
La plupart d’entre eux sont des jeunes, particulièrement des étudiants qui se rendent à Tizi-Ouzou, après un week-end passé chez eux. Pourtant, «110 fourgons travaillent quotidiennement pendant que 30 autres prennent leur repos hebdomadaire à tour de rôle», nous apprend un transporteur. Leurs allers et retours entre la ville des Genêts et Aïn El Hammam sont loin de satisfaire les centaines d’usagers, qui attendent leur tour dès les premières heures du matin.
Hormis ceux qui se sont levés à l’aube, les autres sont contraints de se bousculer pour arriver à la portière d’un fourgon, qui vient de se garer. Inutile de dire que les filles n’osent pas s’aventurer dans cette cohue. Retenant difficilement sa colère, l’une d’elles nous dira : «Avant, on disait les femmes et les enfants d’abord. Ici, c’est plutôt les muscles d’abord. Des hommes arrivés bien après nous ont déjà embarqué. Nous resterons à attendre jusqu’au soir, lorsqu’ils seront tous partis. Sinon, on reviendra demain.» La même situation se répète les samedis et dimanches.
«Au retour des vacances, c’est la folie», nous dit un transporteur qui craignait que sa portière soit arrachée par la foule, qui n’a d’égard ni pour les femmes ni pour les personnes âgées. Venant d’Aït Yahia et d’Iferhounene, les deux bus privés qui se dirigent vers Alger arrivent quasiment pleins. Ils ne disposent alors que de quelques places à offrir aux usagers d’Aïn El Hammam. Pour des raisons qu’on ignore, il n’existe pas de desserte entre Tizi-Ouzou et Aïn El Hammam.
Les quelques transporteurs privés de la région qui possèdent des bus préfèrent descendre à Alger, une fois par jour, plutôt que de desservir Tizi Ouzou, moins rentable, semble-t-il. Approchés par les étudiants, ces derniers nous ont demandé de transmettre leur message à la Direction de l’université pour qu’elle mette des bus à leur disposition chaque début de semaine.
A. O. T.

