Le chef-lieu de la wilaya de Bouira a vibré, hier, au rythme de deux marches distinctes, ayant drainé des milliers de personnes, réclamant «des changements politiques et l’instauration d’une période de transition».
Ce sont les avocats de Bouira qui ont ouvert le bal des protestations, dès 10h. Leur procession s’est ébranlée de la cour de justice, située près de l’université, pour arriver au siège de la wilaya. Les avocats, vêtus de leurs robes noires, ont arpenté les artères principales de la ville, scandant des slogans hostiles au pouvoir en place et réclamant «le respect de la Constitution».
Ils ont également entonné des passages de l’hymne national, entrecoupés de slogans de soutien aux manifestations que connaît le pays depuis le 22 février dernier. Cette marche des avocats, une première dans l’histoire de la wilaya, a drainée plus de 100 participants selon les organisateurs, et une cinquantaine selon les services de la Police.
«Défense s’engage, système dégage», «Pour un Etat de droit et de justice» ou encore «Pour le respect de la constitution», furent quelques-uns des slogans scandés par les marcheurs, qui criaient «rejeter le cinquième mandat». Arrivés sur la place de la Maison de la culture, près du siège de la wilaya, les avocats se sont dispersés dans le clame.
Notons que les affaires programmées pour la journée d’hier au niveau de la cour de justice ont été reportées, en raison de la participation de la majorité des avocats à la marche. Vers 11h, ce fut au tour des étudiants de l’université Akli Mohand Oulhadj de battre le pavé dans la ville de Bouiora, leur deuxième marche en l’espace de deux semaines. Les étudiants ont traversé plusieurs quartiers et rues du chef-lieu de la wilaya, scandant des slogans hostiles au système et à la candidature de Bouteflika.
Ils réclamaient «l’instauration d’une assemblée constituante pour rédiger une nouvelle constitution démocratique et représentative». Les étudiants, qui ont par ailleurs observé une journée de grève hier, ont insisté sur le caractère pacifique et déterminé de leur action. Ils ont appelé au «boycott» de la prochaine élection présidentielle.
Vers midi, les manifestants se sont regroupés au niveau de la place de la Maison de la culture, où ils ont observé une minute de silence à la mémoire du manifestant mort, vendredi dernier, à Alger. Ils se sont ensuite dispersés dans le clame sans qu’aucun incident n’ait été enregistré.
Oussama Khitouche

