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Rétrospective 2013 : Ce que la population de Bouira a retenu

Bouguerra aura marqué par son passage

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Tout d’abord, cette fin d’année funeste dans la wilaya. Bouira aura vécu du reste une véritable hécatombe sur les routes.

Les victimes se chiffrent par dizaines, et parfois des familles entières y ont laissé leur vie. On reste d’ailleurs sur un grave accident de la circulation, survenu, vendredi dernier, sur la RN33 menant vers la station climatique de Tikjda. Un bus transportant des touristes a dérapé et a fini sa course au fond d’un ravin, faisant des morts et plusieurs blessés graves parmi les occupants. Il aura fallu plusieurs heures et la mobilisation de dizaines d’ambulances pour secourir les victimes. La tristement célèbre RN5 et le tronçon autoroutier traversant le territoire de Bouira ont fait des dizaines de victimes parmi les usagers de la route. Le tronçon autoroutier traversant Ain Turk et Djabahia, avec son lot de points noirs, a été à l’origine d’accidents mortels. En novembre dernier, 4 personnes appartenant à une même famille ont perdu la vie suite à un dérapage. Ce drame sur les routes relance, une fois de plus, le débat sur l’état, très dégradé de certains tronçons, notamment la portion d’autoroute entre Bouira et Lakhdaria. Même si ce tronçon se trouve actuellement pris en charge, à la faveur de la mise à niveau décidée par le ministère des Travaux Publics, les travaux de sa réhabilitation ne seront pas achevés dans les meilleurs délais, en raison de la très faible cadence des travaux de réalisation.
 
Sécuritaire : la menace terroriste reste réelle
 
Sur le plan sécuritaire, un volet qui ne cesse d’alimenter la chronique locale, le nombre d’attentats, enregistré en 2013, a baissé d’un cran, mais la menace terroriste, elle, est toujours présente. Comparée aux années précédentes, particulièrement 2008 marquée par un double attentat meurtrier à Bouira-ville, l’année 2013 n’a pas connu d’incidents sécuritaires en milieu urbain. En revanche, le terrorisme a frappé dans plusieurs régions de la wilaya, particulièrement à l’Est et au Nord-Ouest. A l’Est de Bouira, les monts d’Ahl El Ksar, de Tamalaht et de Chréa, connaissent une activité terroriste et, souvent, un regain de violence. Cette région, quadrillée par l’armée, est infestée par les groupes terroristes qui ont fait plusieurs descentes dans les localités environnantes. Sur les hauteurs de Saharidj, des poches de terroristes subsistent encore. Au Nord-Ouest, et plus précisément sur les hauteurs de Kadiria, les monts de Beggas sont sous haute surveillance des forces combinés de l’armée. L’hydre terroriste, très active dans la région frontalière avec les wilayas de Tizi-Ouzou et de Boumerdès, a frappé plusieurs fois au cours de cette année. Au mois de juillet dernier, deux gardes forestiers, dont le chef du district d’Aomar, ont été tués lors de l’explosion d’une bombe artisanale actionnée à distance. Ce genre d’attentats est très courant dans cette région montagneuse et a fait plusieurs blessés parmi les forces de sécurité et autres gardes communaux durant l’année 2013. Celle-ci a été rappelons-le, marquée par un redéploiement de l’armée et une lutte antiterroriste accrue. Les forces de sécurité auront, également, réussi d’importants coups de filets. Le 20 juillet dernier, près de Sour El Ghozlane, une unité spéciale de l’armée a mis hors d’état de nuire deux importants chefs d’AQMI et un de leurs acolytes.
 
Le front social en constante ébullition

En 2013, et comme dans beaucoup d’autres régions du pays, le front social a été marqué par beaucoup d’actions de protestation à travers la wilaya de Bouira. Les protestataires ont souvent eu recours aux fermetures de sièges d’APC, de dairas et de routes, pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur le malaise social. Eau potable, gaz, routes, transport scolaire, logements… sont autant de revendications exprimés par les citoyens. Dans la ville de Bouira, le problème du relogement a souvent défrayé la chronique. Quoi que les autorités locales aient procédé à certaines opérations de relogement des résidents des haouchs, le dossier du vieux bâti n’est pas encore définitivement résolu. Il faut dire que cela fait plusieurs années qu’on n’a pas procédé à la distribution de logements sociaux dans la commune du chef-lieu, ce qui a accentué le malaise des mal logés. Ceci dit, un vaste programme de logement, toutes formules confondues, a été lancé à travers la ville de Bouira en 2013, dont certains quotas seront prêts à être réceptionnés en 2014. Ce qui va certainement atténuer, un tant soit peu, la crise du logement.

D’importants projets de développement sont lancés mais tardent à se concrétiser

L’année 2013 a vu le lancement d’importants projets dans le secteur de l’hydraulique, notamment celui des grands transferts AEP à partir du barrage Koudiet Acerdoune. De nombreuses communes de Lakhdaria, Sour El Ghozlane et Ain Bessam étaient programmées pour le raccordement à ce réseau pour cette fin 2013. Mais l’on croit savoir que cette opération interviendra au début 2014, à la faveur de la visite du Premier ministre. Au total, plus de 100.000 foyers y seront raccordés. A l’Est, et toujours dans le secteur de l’hydraulique, un projet d’envergure a été lancé en 2013. Il s’agit des transferts AEP à partir du barrage Tilesdit, au profit des populations de 6 communes. Une fois ces deux projets finalisés, la crise de l’eau sera, en grande partie, résolue. Plusieurs opérations de développement, qui revêtent un caractère vital, connaissent par ailleurs des retards dans la réalisation des travaux. Le pôle universitaire de Bouira en est un. Cet important projet dont l’inauguration était prévue pour 2013 accuse énormément de retard. Ce futur pôle de plus de 4000 places pédagogiques, s’étalant sur plusieurs hectares, sera sans aucun doute inauguré au début de l’année 2014. Selon certaines indiscrétions, il serait sur l’agenda de la prochaine visite du Premier ministre. Le secteur des travaux publics dans la wilaya connaît, lui aussi, quelques couacs. Certains projets, relevant de ce secteur, ont connu des retards dans leur lancement, d’autres, lancés au début de cette année, tournent au ralenti. Aires de repos, stations service et échangeurs Est et Ouest de la ville de Bouira, ont connu un retard dans le lancement des travaux. Idem pour les deux portions des pénétrantes reliant l’autoroute Est-Ouest aux wilayas de Béjaïa et Tizi-Ouzou. Un autre projet relevant du même secteur, lancé en 2013, a connu du retard, c’est celui de la mise à niveau du tronçon de l’autoroute Est-Ouest entre Bouira et Lakhdaria. Ce tronçon, en état de dégradation avancée, est en phase de réhabilitation. Cependant, les travaux n’avancement pas au rythme souhaité ce qui retardera sa réouverture complète à la circulation. C’est le cas également des travaux de confortement d’une portion de la même autoroute, à Ain Chriki. Les milliers d’automobilistes empruntant ce tronçon devront encore prendre leur mal en patience. Toutefois, les usagers des tunnels de Bouzegza pourront, désormais, rouler en toute sécurité après l’installation, au mois de novembre dernier, de panneaux de signalisation et de tous les équipements nécessaires à ces ouvrages. Même les poids lourds pourront désormais emprunter ces tunnels, jadis interdits à la circulation aux gros tonnages. En outre, d’autres projets relevant des secteurs de la culture, du commerce et de l’habitat, connaissent plus au moins de difficultés. Le marché de gros des fruits et légumes d’Ain Bessam, d’envergure régionale, a connu différentes péripéties, avant que sa vocation ne redevienne locale. Le théâtre de verdure et l’annexe de la BN attendent toujours d’être livrés. Pour l’habitat, les travaux de près de 2.000 logements attendent d’être lancés. Toutefois, un engagement a été pris par le wali pour le lancement de cet important quota de logements en cette fin d’année. 

La wilaya perd son wali populaire

Après cinq années passées à la tête de la wilaya, Ali Bouguerra a quitté Bouira au début de l’année sur un goût d’inachevé. Dès son installation en 2008, ce commis de l’Etat a pu insuffler une nouvelle dynamique au développement, à travers les quatre coins de la wilaya. En effet, la machine du développement a redémarré de plus bel, à la faveur du lancement de centaines d’opérations. En quelques années, Bouira a pu sortir de sa léthargie, rattrapant l’énorme retard qu’elle accusait sur tous les plans. Des projets structurants, tels que le tronçon autoroutier de 101 kms, aux barrages, en passant par des opérations d’aménagement, la wilaya a incontestablement accompli un saut qualitatif et quantitatif sous l’ère Bouguerra. L’amélioration urbaine, dans les différentes agglomérations de wilaya et particulièrement au chef-lieu, est un des aspects positifs à mettre à l’actif de l’ex wali. Et jamais, de mémoire des bouiris, un commis de l’Etat n’aura été aussi populaire. Tout modeste qu’il était, l’ex wali ne cessait de répéter qu’il était juste arrivé au bon moment. Après avoir mis la machine sur rails, Bouguerra a laissé sa place à Nacer Maaskri au début de l’année.  

Enfin la 3G ! 

Le lancement officiel de la téléphonie de troisième génération (3G) aura été un des événements les plus marquants de l’année 2013 en Algérie, et en particulier à Bouira. Ce qui n’était qu’un rêve que beaucoup ont longtemps caressé est désormais devenu réalité. En effet, et depuis près de deux semaines, ils sont peut-être des milliers à accéder aux services de la 3G à Bouira. L’annonce par l’opérateur Ooredoo (ex Nedjma) du déploiement de son réseau dans la wilaya a suscité beaucoup d’euphorie parmi la population locale. Car, il faut dire qu’au lendemain de l’attribution de la licence aux opérateurs, Bouira ne faisait pas partie des wilayas concernées par le déploiement de la 3G. Le calendrier initial du déploiement de cette technologie à l’échelle du pays préconisait une extension progressive. La  nouvelle de la mise en service de la 3G à Bouira a été très vite relayée sur les réseaux sociaux et dans la rue. Depuis, des files interminables se forment, chaque jour, devant les points de vente Ooredoo.

D. M.