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Intempéries : Routes coupées, pénurie de gaz butane et des produits de première nécessité

Des populations en détresse

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Les villageois des communes de Guerrouma, Zbarbar, Maala, Boukram et autres localités situées à proximité du relief Nord-ouest du mont Lala Boussaad et la forêt de Boukram, ont été très durement affectés par les dernières intempéries, notamment les abondantes chutes de neige qui ont touché la région ces dernières 72h.

Ainsi, les habitants de ces localités nous ont fait part de leur dénuement, mais aussi des différentes défaillances et lenteurs des autorités, concernant cette situation qualifiée de misérable. En effet, avant-hier, vendredi, et même durant la matinée d’hier, les principaux axes routiers qui mènent vers cette zone montagneuse, tels que le CW17 reliant Guerrouma à Lakhdaria et le CW 93 desservant Guerrouma à Maala, demeuraient coupés à la circulation, à cause des fortes chutes de neige, lesquelles ont atteint localement les 70 cm, voire 1 mètre par endroits. «On est isolé du monde depuis près de trois jours», dira ce citoyen, d’un ton excédé avant de préciser : «les déblayeuses de l’APC n’ont rien pu faire face à ces forts cumuls de neige. De ce fait, on est obligé de rester chez nous !». Il est vrai que la poudreuse a complètement obstrué les chemins sinueux qui caractérisent ces contrées reculées et quasiment abandonnées par les pouvoirs publics. Nombreux sont les automobilistes qui se sont retrouvés pris au piège, ne pouvant ni continuer leur route, et encore moins rebrousser chemin. Un agent municipal chargé de la coordination des opérations de déneigement notera avec un certain dépit : «Avec le peu de moyens dont on dispose, on travaille comme des forcenés afin de rétablir la circulation notamment, dans les hameaux les plus reculés de la région». Autre carence enregistrée, et non des moindres, celle relative à la pénurie du gaz butane. La population locale nous a confié qu’aucune distribution de gaz n’a été effectuée depuis mercredi passé ce qui a contraint les habitants à se chauffer au bois, quand ce dernier était disponible. «Si ces conditions venaient à perdurer et c’est ce qui est annoncé par les services de la météo, on va mourir de froid !», s’alarmera Issam, père de quatre enfants. Cette situation est d’autant plus ressentie à cause du non raccordement de la localité au réseau du gaz naturel et de l’indisponibilité du gaz butane. Les autorités locales ont lancé récemment un projet de branchement de cette localité au réseau, lequel devrait être réceptionné d’ici la fin de cette année. Mais en attendant, la population se rabat sur les bonbonnes de gaz butane, mais, en cette période de grand froid, ce produit connaît une forte pression et se fait rare. En effet, la forte demande se traduit par des queues interminables aux abords de la station Naftal où les citoyens s’arrachent littéralement la précieuse bonbonne. «Je suis ici depuis l’aube et j’attends mon tour afin d’acheter trois bonbonnes de gaz. Je suis carrément gelé mais je n’ai pas trop le choix, il faut bien que mes enfants se chauffent», dira Haroun, agriculteur de son état. D’autres citoyens, croisés à proximité du dépôt Naftal, ont exprimé leur exaspération quant à cette situation. «On vient ici aux aurores et à peine une heure plus tard, on nous dit que les stocks sont épuisés», lancent-ils. D’ailleurs, d’autres citoyens ont fait part de leur colère et de leur mécontentement à l’égard des pouvoirs publics, qu’ils accusent ouvertement de “négligence”. «Nos élus nous ont oubliés! À aucun moment le maire n’est venu à notre rencontre. Personne ne s’est soucié de nous et de nos conditions de vie !», lancera avec véhémence un citoyen de la commune de Maala. M. Abdelkader B., enseignant de son état et exerçant à l’école primaire de la commune de Boukram, relèvera avec une certaine rage : «Les enfants sont livrés à eux-mêmes. Le transport scolaire est défaillant en temps normal, mais, en pareilles conditions, il est inexistant. J’ai dû ramener une vingtaine d’enfants chez eux, faute de transport et surtout de peur qu’ils ne soient ensevelis sous la neige». Et d’ajouter d’un ton inquisiteur : «Notre P/APC est introuvable, il a effectué une sortie au début de semaine, ensuite plus rien ! C’est un scandale de la part d’un élu, censé être à la disposition de ses administrés», a-t-il lâché. Au niveau des localités d’Aïn El Beïda, Tiferesse, Zouawna et Ouled Aïssa, relevant de la commune de Guerrouma, la population est complètement isolée. Les bonbonnes de gaz butane sont introuvables, les denrées de première nécessité commençaient à manquer et comme cela ne suffisait pas, le courant électrique connaissait de fortes perturbations depuis mardi dernier. Un paysan vêtu d’un burnous marron dira d’un ton résigné : «On ne survit qu’à la grâce du Divin ; sans cela, on aurait sans doute crevé», et de poursuivre : «Ici, à Aïn El Baïda, on n’a pas vu une seule bonbonne de gaz depuis le début des intempéries ! Sans parler du lait, de l’huile et du pain».

Par ailleurs, dans les quelques commerces qui étaient encore ouverts, les prix ont carrément flambé : la tomate à 150 da/kg, le poivron à 160 et les rares sachets de lait encore disponibles étaient cédés sous le manteau à 40 da le litre.

Ramdane B.